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Grenade fut la première ville que nous visitâmes. Une première soirée à explorer les ruelles de la vieille ville, le lendemain, dimanche, la messe était dans un endroit magnifique et solennel, La Chapelle royale qui jouxte la cathédrale.

Premiers pas dans ce monde d’ors et de grandeurs de ces églises construites ou embellies à une époque où à la reconquête du territoire s’ajoutait la découverte de nouveaux mondes regorgeants de richesses...et de promesses.

C’est curieux car c’est ce jour-là la fête de Saint Bruno fondateur de l’Ordre des Chartreux, dont la pauvreté semble étrange en ces lieux ...mais on reparlera plus tard des chartreux.

Une belle messe dans un décor sublime préservé des touristes en ces moments de prières. En fin de messe le prêtre fait une annonce en espagnol que nous ne comprenons pas mais que notre voisin espagnol nous traduit en français. «  Le prêtre, nous dit-il, a remercié les étrangers de leur présence et vous invite à prolonger le temps de cette messe par la visite de La Chapelle. » . 

Nous le remercions instantanément de la gentillesse de son initiative de traduction et profitons de cette instant béni pour visiter un endroit de prière sans l’afflux des touristes. 

Un étrange contraste entre ces cénotaphes glorieux et la crypte qui laisse apparaître à travers une vitre les cercueils de métal froids et sans aucune ornementation. Comme une leçon de ce monde terrestre dont nous ne garderons rien dans l’au-delà : Richesse et dépouillement.

Dans un bar sympathique où nous déjeunons nous découvrons peu à peu ce rythme espagnol de temps, décalé de nos horaires habituels, qu’il nous faudra gérer au mieux pour nous imprégner de ces endroits. 

Puis nous montons à l’Alhambra en autobus. Hélas ! nous ne pourrons le visiter de l’intérieur car c’est dimanche, ce qui signifie un gros afflux de visiteurs et il faut dans ce cas réserver plusieurs semaines à l’avance....ce que nous ignorions. 

Qu’à cela ne tienne ! Nous visitons quand même le palais de Charles Quint, ouvert, et une petite partie des jardins mais surtout nous découvrirons cette citadelle de l’extérieur, la contemplant sous toutes ses facettes depuis le quartier de l’Albaicin, quartier charmant de maisons blanches et de petites ruelles où nous flânerons longtemps.

C’est comme cela que le découvrirent, au fil des temps, tous ceux qui tentèrent de s’en emparer. Rien que la vue de l’édifice dut décourager plus d’un de ces conquérants.

C’est un des charmes de cette région que ce mélange de grandeur et de simplicité qui lui donnent une saveur très particulière. Le soir nous dînerons au bord du fleuve et flânerons ensuite jusqu’à notre gîte en profitant de cette vie nocturne si animée et chaleureuse.

Mais reparlons des Chartreux car le lendemain matin nous visitons la Chartreuse de l’Assomption, un peu à l’extérieur de la ville, dans le quartier de l’université. Une magnifique bâtisse que nous découvrons à partir d’un audio-guide qui nous fait découvrir la magnificence de l’endroit. On a peine à imaginer l’austérité de cet ordre dans un décor si chargé. Contraste entre Les endroits dédiés à Dieu où rien n’est assez précieux pour l’honorer et ceux réservés à l’homme ou tout est fait pour préserver cette humilité si nécessaire au salut.

Une petite statue de Saint Bruno, si maigre et si dépouillé, est là qui rappelle ce contraste si édifiant. Dans les parties communes comme les réfectoires et quelques chapelles privées de magnifiques toiles rappellent aussi les martyrs nombreux de cet ordre et l’austérité de la vie de ces moines de silence et de solitude. Je découvre peu à peu ces églises qui surprennent d’abord par leur magnificence d’ors, de gypseries dorées, de bois précieux et de marbres splendides. Je découvre ces tabernacles immenses pièces derrière l’autel conçues pour l’adoration, ailleurs d’immenses ostensoirs d’argent, ou des encensoirs qui semblent taillés pour des géants. Et ces chapelles magnifiques séparées des nefs par des grilles aussi austères que majestueuses. 

C’est vrai qu’on est très loin de la pauvreté évangélique mais curieusement ça ne le choque en aucune façon. Je me sens « bien » dans ces endroits et je pense que les millions de pauvres que nous sommes tous dans ces endroits si richement décorés ont pu avoir le même sentiment. Une évocation de la beauté qui doit accompagner l’idée de splendeur divines qui rend petits  mêmes les décors les plus éclatants.

Cette perspective est bien nécessaire à des moments où notre église est devenue si pauvre et ...tellement attaquée.

Une première journée, un dimanche d’octobre, fête de Saint Bruno, dans un pays qui nous réservera encore tant de bonnes surprises.

Mais il faut te laisser mon ami. Car ce dimanche est un dimanche de coupe du monde de rugby. J’ai trois équipes à encourager : celle de mon pays qui m’inquiète un peu par son inexpérience, et l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui accueillent mes enfants et où ces sports sont important.

Je reprendrai ces flâneries espagnoles. Les écrire me permet de prolonger ce beau temps de vacances.

Bon Dimanche !