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 Je reviendrai demain en Andalousie mais j’ai eu, hier, la révélation de l’automne.

Quand d’autres parlent déjà d’hiver l’automne arrive à peine en Provence. Mon jardin donne encore même si, peu à peu, il s’épuise. Les quelques pluies des derniers jours ont été une sorte de révélateur. 

Ce week-end fut paresseux en ce temps de coupe du monde de rugby. C’est le seul sport qui me fait parfois regarder la télévision en journée. Je suis partagé car trois équipes ont mes faveurs l’Australie de mon dernier fils, la Nouvelle-Zélande de mon gendre et de mes petit-fils, et la France...bien sûr. 

Mauvais week-end ou deux d’entre elles furent éliminées. La France fut plus brillante qu’on ne le craignais mais perdit d’un seul petit point.

J’ai de la peine pour ces jeunes hommes dont on ne dira jamais assez l’énergie, le courage et l’intelligence de jeu. J’arrive même à comprendre le mauvais geste de notre deuxième ligne. Qui n’a jamais subi l’engagement de ces combats d’avants ne peut comprendre l’énergie qui s’y libère... en perdant parfois le contrôle.

J’avoue que le rassemblement de toute la famille devant le match d’antan me manque mais je me dis que nous vivons cela, virtuellement, par delà les océans.

Il nous fallait nous remettre de tous ces chambardements. Nous le fîmes, vendredi soir en fêtant l’anniversaire d’un « vieil »ami, samedi en déjeunant d’huîtres achetées au marché, et dimanche en inaugurant le « tram » d’Avignon et en goûtant dans un salon de thé si proche et si élégant.

J’aime les tramways. Ils ont pour moi le goût de l’enfance. Certains circulaient encore lorsque j’étais petit, et la maison de ma grand mère était « face au dépôt des trams ». Lorsque j’arrivais à Marseille l’un d’eux existait encore et depuis quelques années je les vois revenir avec grand plaisir.

Ils sont pour moi symboles d’un nouvel art de vivre en ville dont les voitures sont écartées peu à peu pour redonner de la place à la vie réelle. On prend l’habitude de se donner le temps de se rendre à un endroit précis plutôt que de s’arrêter sans vergogne n’importe où. Ainsi lorsque nous allons dans là salon de thé de notre ville voisine nous savons que nous nous arrêtons le plus tôt possible et nous marchons quelques centaines de mètres voire davantage pour arriver au but.

Redevenir piéton, retrouver le charme de croiser les autres habitants, de faire du lèche-vitrines. Ralentir un peu cette vie trépidante. Ainsi j’ai vu avec plaisir revenir ce moyen de transport qu’est le tram. Celui d’Avignon est beau et neuf. Il divise les habitants qui trouvent son parcours inadapté. J’ignore s’ils ont raison.   Depuis que je suis à la mairie je suis plus circonspect sur les critiques de ces projets, formulées souvent sans réelles connaissances. 

J’ai aimé, comme deux gosses que nous essayons d’être encore, que nous fassions l’aller-retour pour rien...juste pour essayer. Découvrir les remparts d’Avignon dégagés de voitures en stationnement, circuler dans des quartiers que d’ordinaire on évite tant ils sont devenus dangereux, voire ou imaginer la renaissance de magasins de quartiers. Marcher en ville et découvrir aux hasard de nos pas une église ancienne (14 éme siècle...quand même !) transformée en maison et que nous n’avions jamais remarqué. 

Bref un week-end paisible s’il en fut avant une journée qui commence aujourd’hui par la réparation d’un chauffe-eau qui nous a « lâché » juste avant l’Andalousie. Ce qui signifie des heures couché sous la bête, de l’eau qui ruisselle sans qu’on la maîtrise, quelques maladresses et autant de jurons...et l’espérance d’un progrès à la fin.

Tu comprends ami lecteur que je doive te laisser.

Bonne journée !