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Les trois petites filles s’avancèrent dans l’appartement dès que leurs parents leur eurent ouvert la porte. Elle arrivaient après une longue route où après les dix premiers kilomètres elles avaient demandé : « C’est encore loin ? On est bientôt arrivées ? ».
Leurs parents leur avaient d’abord répondu avec patience, puis elles s’étaient endormies et c’est encore engourdies de sommeil qu’elle venaient de franchir le seuil de leur appartement.
Trois petites filles, la plus petite est brune, La seconde a choisi d’être blonde comme un champ de blé, l’aînée qui est aussi la plus raisonnable à des cheveux châtains.
Les trois petites princesses s’avancent. Un camaïeu de blonds, un dégradé de tailles.
« Oh ! Mes peluches étaient dans un autre ordre que celui-ci. On est venu dans ma chambre. » dit la plus petite.
«J’avais posé ma licorne-trottinette dans l’autre sens...quelqu’un s’en sera servi. » dit la plus blonde.
« J’avais posé un livre sur mon lit. Il n’est plus à sa place. » dit la plus raisonnable qui avait bien compris qu’il s’était passé quelque chose d’important mais qui ne voulait pas inquiéter ses petites sœurs déjà un peu angoissées à l’idée d’une présence étrangère inconnue chez elles. 
Elles se souvenaient de « boucle d’or et les trois ours » racontée par leurs grands-parents qui savent si bien lire ou inventer des histoires. Mais là, l’histoire était inversée. Il n’y avait pas eu de passage d’ours dans l’appartement. Ou alors ils n’avaient laissé aucun poil.(ou c’est qu’ils ne les avaient pas vu ;-)).
Elles allèrent voir le pot de miel. Il en manquait un peu. Ce qui remonta leur niveau d’inquiétude.
Face à ces doutes, elles interpellèrent leurs parents, qui venaient de terminer de décharger la voiture et de remettre en place ce qu’ils avaient emporté.
A leur grande surprise, ceux-ci éclatèrent de rire. Lorsqu’ils reprirent leur calme, ils leur expliquèrent : « Mais non, les princesses ! Vous ne vous en souvenez pas mais on vous avait prévenu qu’Oncle J... et tante M... viendraient passer Noël à Paris avec Oncle B.. , leur fils qui est très occupé à Paris à faire des choses très importantes. Ils devaient venir avec tante M.. , leur grande fille qui avait très envie de passer Noël en famille. Ils avaient prévu d’être surtout sur Paris et de dormir chez nous à l’ombre de ce beau château. Ils partageraient leur temps entre Paris et Versailles, goûtant aux plaisirs de ces deux jolies villes. C’est pour ça qu’on avait écrit ce gentil mot d’accueil que vous avez toute signé, et oui, même toi S...qui ne sait pas encore écrire. On t’a un peu aidée.
C’est aussi pour ça que nous avions laissé une bouteille de champagne pour leur souhaiter la bienvenue.
Pour eux, ça a été un peu plus compliqué que prévu. Avec ces grèves, ils ont été un peu plus contraints, mais le Bon Dieu, qui aime rassembler les familles, a bien voulu arranger les choses. D’ailleurs Oncle J... qui un « bavard de papier » a promis qu’il raconterait.
Les parents ont dormi dans notre lit. Tante M... qui est la plus grande à utilisé le lit de la plus sage, Oncle B...n’a dormi que le soir de Noël et comme il aime le miel autant que tous les ours de la terre c’est lui qui a goûté de votre pot. Vous êtes rassurées ? »
Alors tout leur revint en mémoire ce que leur Noël avec leurs quatre grands-parents, plein de bonnes choses et de jolis cadeaux leur avaient fait oublier.
Ainsi finit mon petit conte. La morale est que le bonheur des uns est souvent lié à la gentillesse et au partage des autres.
Il faut ajouter à tout cela une montagne de remerciements, des milliers de baisers, et une invitation à la réciprocité.
Voilà lecteur mon histoire. Tu te doutes bien qu’elle a une cible particulière. Mais comme tous les contes sa portée est universelle. Dans tous les pays du monde sous toutes les latitudes. Quand un accueillant accueille un accueilli c’est le bonheur qui entre dans une maison.
Tu peux transposer cette histoire à ton profit. Car je te sais capable de tels bonheurs.
Bon bout d’an.