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Samedi matin, l'enterrement du papa de notre ami avait laissé en nous des sentiments partagés. Il faut dans ces moments là que la tristesse de voir ses  amis dans la peine , peu à peu, laisse place à l'espérance légitime dont je vous ai parlé précédemment.
Nous revînmes dans l'après midi en faisant halte à Salon de Provence chez un des derniers fabricants de savon de Marseille qui maintiennent des savoir-faire de tradition et d'excellence dans un contexte de concurrence qui ne leur est vraiment pas très favorable. Le sentiment que notre monde est allé trop loin dans certains domaines de consommation et qu'il faut aller vers beaucoup plus de sagesse et de simplicité nous habite de plus en plus, comme de savoir que l'on fait partie des générations charnières qui ont encore un peu vécu du savoir-faire et du savoir-vivre de leurs anciens et qui constatent les conséquences tragiques des  débordements de consommation du dernier demi-siècle.

Bref, nous achetâmes des ces savons qui sentent simplement..le savon, et beaucoup sous des formes "brutes" qu'ELLE mélangera savamment pour les différents usages de notre maison.

Le soir, nous dînions chez de vieux amis, de ceux qu'on ne voit pas assez souvent. Une très belle maison, de l'autre côté du Rhône, de ces maisons qui demandent tellement d'efforts pour les maintenir en état, et pour lesquelles il faut que les propriétaires supportent beaucoup d'inconfort et fassent beaucoup de sacrifices. Mais la maison sait bien le rendre et,ce soir, elle nous accueillait tellement chaleureusement. Un salon agréable et  élégant, une cheminée qui nous dispense une chaleur bienfaisante et qui nous réjouit du spectacle d'un feu bien dosé de braises et de flammes. Et le plaisir de retrouver autour de nos hotes , d'autres amis, connus ou inconnus, mais dans une harmonie qui naît des longues histoires d'amitié. Une maison aussi  dans laquelle j'eus le bonheur de travailler quelques jours à cette époque où nos proches  partageaient ainsi  avec nous un peu de leur pain quotidien. Une période difficile par ses incertitudes, mais bénie par la découverte du poids de l'amitié.

Alors pourquoi ce rappel des crèches ? Et bien parce que la maîtresse de maison, élèvee dans cet amour des crèches qui imprègne toute la Provence, un jour décida de franchir le pas et de devenir elle-même santonnière. Une activité qu'elle mena plusieurs années jusqu'à maîtriser cet art. Et dans la belle salle à manger, une magnifique crèche est là. Des santons magnifiques, chacun d'eux est un exemplaire unique, le résultat d'une recherche passionnée des coutumes, des métiers et des costumes, et l'aboutissement d'un art où la scène  qu'on représente habite aussi une des sources de notre foi.

Une de ces journées riches dont la vie sait nous combler tous et qui donnent au quotidien de merveilleuses couleurs.

La chandeleur verra le retour des santons dans leurs boîtes, jusqu'à l'an prochain.

Mais la semaine a repris, et avec elle cette période difficile d'approche électorale dans un climat difficile où l'espoir se mélange à la peur de ne pas aboutir, où chaque petite avancée rend le but plus proches. Mais, que c'est fatigant !

Alors je te laisse, ami lecteur, et m'en vais vers d'autres occupations toutes moins agréables que de communiquer avec toi par ces billets.

Bonne journée