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...de presque rien : Que le soleil revienne éclairer la maison; que la Sorgue, apaisée, déroule tranquillement ses eaux sous la passerelle de la Garancine; que ce petit air frais de janvier accompagne notre quotidienpendant que l’on annonce un apaisement (hélas peut-être provisoire) des feux en Australie; que l’exercice de l’envoi des vœux fasse revenir devant nos yeux tant de visages aimés.
Il suffit de presque rien et on retrouve l’énergie qui nous manque parfois pour avancer dans la vie.
Hier était jour de marché. Un marché plutôt joyeux qui s’étoffe lorsque les jours commencent à rallonger. Une mauvaise nouvelle : notre marchand de coquillages était absent car il parait qu’il y a, dans ses beaux étangs de Languedoc, une vilaine bactérie qui menace les exploitations. Il y avait aussi Carmen, une maraîchère qui n’arrive pas à se passer de ce marché qui fut sa vie pendant si longtemps et qui, après avoir cédé son commerce de fromages, vend maintenant des pantalons. Il y avait mon ami Albert qui poussait avec la même détermination son déambulateur d’étal en étal. Je ne l’ai pas dérangé. Il parlait avec l’ancien notaire qui m’expliqua ,un peu plus tard, que les félibres avaient donné un nom à ce déambulateur...qui n’existait pas à l’époque de Mistral.
J’ai acheté à Mohammed quelques pommes qui devaient, à cette époque de l’année, venir d’ailleurs....et quelques légumes aussi. J’ai acheté deux « Joséphines » au boulanger qui les vend au poids car il veut rester libre dans la forme de ses pains. La boulangère m’a félicité du sac à pain de toile que nous utilisons (petit clin d’œil ecolo au passage).
Les courses finies je retournai travailler à mon atelier quand un message m’invita à rejoindre mon collectif qui assure une présence au marché pour expliquer notre programme. C’est quand même génial que le marché reste encore l’endroit où se commente la politique du village. Un exercice intéressant où beaucoup de messages passent. 
L’après-midi (enfin ce qui en restait après la sieste) fut consacrée encore au bricolage.  Puis un peu de lecture. Quelques dizaines de minutes où, encore en tenue de travail, je m’évade en Jordanie, à Petra, que je découvre en noir et blanc, il y a plus de cinquante ans. Je la découvre avec les yeux de l’auteur, avec ses jambes aussi, sur une des mules de sa petite expédition. Je découvre la ville cachée pendant des siècles au fond d’un canyon aux allures de coupe-gorge. Je monte avec lui sur les temples, bien au-dessus, sur les plateaux qui la dissimulent. Miracle de l’écriture.
Enfin un  verre de vieille prune fut détourné de sa fonction de digestif pour terminer cet après-midi ...en apéritif. Je pense qu’elle a plus de quarante ans...un héritage de mon beau-père. j’en salive rien que d’en parler 😉.
Il suffit de presque rien pour illuminer la vie d’un homme ordinaire.
Bonne dimanche, ami lecteur.