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Une journée calme s’il en faut. On tend l’oreille quand on entend une voix dans la rue principale. C’est le plus souvent un passant solitaire qui en croise un autre sur l’autre trottoir. Nous, nous avons décidé de sortir le moins possible et ça me coûte  beaucoup, moi qui adore arpenter les rues de mon village et rencontrer ceux qui y vivent. J’en connais beaucoup et échanger quelques mots ou une poignée de main est un bonheur renouvelé très souvent. Alors cet isolement me rend un peu morose.
Nous avons donc décidé de vivre le plus possible sur nos stocks. 
La Saint Patrick est une date importante pour moi depuis qu’en famille nous avons passé en Irlande un séjour délicieux. Mais aussi parce que j’ai parmi mes amis qui s’appellent Patrick deux qui me sont très chers.
Le premier nous a quitté un peu trop tôt. C’était un guitariste et un de ces amis « évidents » des débuts de notre famille. Le second est un officier de légion qui séjourna en famille dans notre région où ils laissèrent une belle empreinte et dont la fidélité est aussi légendaire que son talent à écrire.
J’avoue qu’avec cette crise j’ai laissé passer la date de la Saint Patrick. En plus je n’ai plus de whisky. J’ai commencé il y a quelques mois à vider systématiquement ma cave à alcool et je consomme certains alcools que j’avais complètement oublié.
Mais c’est le premier qui aujourd’hui est venu frapper à la porte de ma mémoire.
J’étais dans mon atelier dans lequel j’essaie de mettre de l’ordre. J'écoutais en même temps la radio. C’était une émission de « France musique », probablement ancienne et rediffusée. On y parlait des musiques cubaines. La guitare était à l’honneur. Et j’entendais quelques noms qui me sont devenus un peu plus familier au contact de cet ami et ...quelques jolis morceaux de guitare. Était-ce les mêmes? Je l’ignore. Ce que je sais c’est qu’ils ont fait revivre quelques moments joyeux de notre passé. Des soirées autour d’un bon whisky, des rires et des histoires, des écrivains dont on partageait le goût ( la génération de l’entre-deux guerres, les écrivains revenus d’une sale guerre, dans un monde qui changeait trop vite). 
C’est un moment très doux que le souvenir d’un ami qui revient en mémoire. J’arrêtai de travailler pour prendre le temps avec ELLE, lui permettant de faire une petite pause dans son travail rendu encore plus compliqué par cette isolement. Le thé est aussi un vrai moment de bonheur. 
Alors j’ai eu envie d’écrire. Demain est aussi une date importante pour d’autres raisons. Mais aujourd’hui Saint Patrick aura pris la place d’un Saint-Joseph qui me tient aussi beaucoup à cœur. Désolé pour lui.
Je dépose donc ce petit mot en souvenir....le temps donné en échange de l’isolement.
Bonne soirée, ami lecteur.