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Nous l’avons sortie de notre cellier, il y a quelques mois. Je crois que ce fut notre premier meuble. Nos beaux-parents nous l’avaient apporté un jour. Ils l’avaient trouvé dans un dépôt Emmaüs, à Marseille.
Nous habitions alors au quatrième étage d’un petit appartement Marseillais avec un balcon qui courait sur toute sa petite façade qui lui donnait des petit airs de luxe. Nous avions vue sur une jolie place qu’on appelle La Plaine et il y avait suffisamment d’arbres pour qu’à l’heure où le silence s’installe un peu, on puisse avec un peu d’imagination se croire à la campagne.
Cet armoire était déjà ancienne. Elle datait de ces années cinquante ou soixante quand les maisons s’étaient vidées de leurs vieux meubles de bois inconfortables pour laisser place au « progrès ».
Cette armoire nous suivit dans nos rares déménagements puis dans les multiples transformations de la maison. Elle finit par s’abîmer. Il y eut même une sorte de ver qui s’installa en elle et qui en fit sa maison. Elle était là. Je l’avais proposée mais personne n’en voulait. Je n’arrivais pas à la porter en déchèterie. Toujours dur d’abandonner un témoin de sa vie...même inerte.
Et puis il y eut ce maudit virus. Je décidais, une fois de plus de ranger mon atelier. Il faut dire qu’il est assez grand cet atelier et plein de trésors et d’amis qui l’encombrent vite. Pendant plusieurs années c’est grâce aux outils qu’il contient que j’ai pu assuré notre existence. Inutile de dire la place qu’il tient dans mon cœur.
Et c’est alors que je retrouvai cette armoire. Je ne peux pas dire que c’est le temps qui manque en ce moment. Alors je décidais d’y intégrer ma vieille amie qui allait de nouveaux jouer un rôle. Je la nettoyais de fond en comble. Je reparais les dégâts de ce ver intrusif. Je changeais les charnières des portes usées par des années d’effort. A chaque étape je me demandais si je trouverais dans mon bric-à-brac la pièce qu’il fallait, la vis qui me manquait, le pied qui ferait l’affaire. A chaque fois, ils étaient là comme s’ils s’étaient donné le mot pour redonner une vie à mon amie.
Elle est maintenant en place. Elle abrite tout les petits outils de jardinage et de l'arrosage et les graines (D’ailleurs quand pourrais-je retourner au jardin?).
Je lui trouve plutôt fière allure et suis tellement content d’avoir prolongé sa vie.
Tu vois, ami lecteur, même la vie d’un confiné peut comporter encore quelques petits trésors et quelques petites joies. Et ce matin, après une nuit sans insomnie 😉, j’avais juste envie de la partager avec toi. 
J’ai écrit avant un long texte que je croyais savant..mais qui n’était qu’ennuyeux. Il est parti rejoindre les textes que je ne publierai pas et cette petite armoire est là bien plus à sa place.
En cette période, même pour écrire, il faut savoir faire avec ce qu'on a. Trop content d'avoir trouvé ma petite armoire 😊
Bon confinement, mon ami. Aujourd’hui encore je ne sortirai pas. Tant mieux je sais dans mon « garde-meubles » quelques vieux fauteuils qui ne demandent qu’à être rénovés.
Je te souhaite une bonne journée.