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C’est un curieux exercice auquel nous devons nous livrer ces temps-ci : apprendre à rétrécir son horizon, à regarder ce qui est à notre portée, à découvrir les richesses que nous avons à portée de mains ou de regards.
Ma maison est au cœur d’un village qui compte encore beaucoup de ses remparts et cela dans une plaine alluviale...donc plate. Je n’ai aucun horizon (mais rassure-toi 😉😊 c’est quand même un gisement de bonheurs).Quel que soit l’endroit où se dirige mon regard, je ne vois que les murs, souvent très haut, d’autres maisons. En Provence les maisons sont largement ouvertes au Sud et presque aveugles au nord. Les toits sont souvent d’une seule pente. Les murs au Nord sont donc très élevés, aveugles et décorés de tuyaux, éléments de climatisation, et autres accessoires utiles mais fort laids. 
Heureusement ce matin le ciel d’un bleu d’azur, balayé par un vent léger ne compte pas un seul nuage et le soleil justement balaie tout cet ensemble de murs pour leurs donner de belles couleurs.
J’ai un jardin que je croyais petit parce qu’entouré de ces murs il lui est difficile de donner place à beaucoup de végétation. C’est un sorte de clairière d’anciennes maisons détruites avec le temps. La terre n’y est que très peu végétale mais depuis que nous y sommes nous avons réussi à y installer un peu de végétation : un olivier, un mûrier de Chine, un lilas, un bouquet de lauriers roses, un laurier « sauce », de beaux rosiers, un peu de vigne courent le long des murs, un peu de pelouse et quelques jolies fleurs se relaient pour Donner à tour de rôle de la verdure ou de jolies couleurs.
Il y a tellement peu de place pour y faire pousser quelque chose que j’ai obtenu le droit de cultiver une parcelles d’un jardin collectif à l’extérieur du village. Mais ,confinement oblige, je n’y ai plus accès, pas plus que je ne peux profiter de la belle nature environnante qui me tient lieu de parc pour m’y promener à loisirs.
Ce matin, j’ai marché longtemps dans cet espace que je trouvais petit. J’essayais d’y faire le parcours le plus long possible. Je m’aperçus que souvent c’était impossible puisque conçu plus comme un décor que comme un terrain de promenade. J’y fis des tours un peu comme un prisonnier dans la cour d’une prison. 
J’eus alors l’étrange satisfaction de découvrir qu’en le parcourant de cette manière il était beaucoup plus grand que je ne le pensais. Je trouvai le moyen d’y faire plusieurs parcours différents et me dis que j’allais profiter du temps donné (par ce f...virus de m...) pour lui redonner une autre signification. Redevenir un enfant, lorsque l’univers physique qui nous est imposé n’empêche pas un seul instant de se construire des domaines imaginaires illimités et d’y vivre mille aventures.
Privé de ma parcelle de culture j’envisage même de remplacer quelques parcelles de ma maigre pelouse par une production potagère en attendant que la crise cesse.  Ça devrait d’ailleurs faire du bien à la terre. 
Le temps de confinement inspire de curieuses pensées. En cette Semaine Sainte, très importante pour nous, ce temps donné nous permet aussi  de vivre différemment ces événements, moins troublés par les bruits du monde, comme dégagés des distractions et recentrés sur l’essentiel.
Et tout cela est très bon.
J’espère ami lecteur, qu’il en est de même pour toi, que le poids de ce quotidien confiné n’est pas trop douloureux pour toi et qu’aucun de tes proches ne souffre trop de cette période. Et ce bonheur qu’il m’est donné d’apercevoir je veux le partager avec toi.
Je t’embrasse. Prends soin de toi.