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Quelques jours que je n’ai pas écrit. Les mots ne venaient pas. Ma plume  était devenue paresseuse, une sorte de ras-le-bol de ce confinement. Vous me manquez tous. Oui, vous .... « les gens.. ». Ceux que je connais et ceux que je ne connais pas. Ceux que j’aime et ceux qui ne m’aiment pas. En ce temps d’isolement qui semble ne pas avoir de limites on aurait le pouvoir de faire tout ce qui attend, tout ce qu’on ne fait pas d’ordinaire. Mais ce n’est pas le temps de « faire ». On nous demande surtout de ne rien faire, de ne pas bouger, de rester chez soi. On a peur de son voisin et on a surtout peur que nos voisins aient peur de nous. Porteurs peut-être inconscients d’un mal qui peut blesser les autres,  on ne peut plus se toucher, pas même se voir autrement que par le biais d’images virtuelles. « On » nous demande de ne pas « faire ». On voudrait que notre seule occupation soit d’"être"... et d’attendre...on ne sait d’ailleurs pas vraiment quoi.
Une reprise de l’épidémie ? Son arrêt peut-être?
Chaque soir à l’heure où d’ordinaire finit l’activité de la journée, j’écoute inquiet le discours d’un homme qui m’énonce, d’ailleurs avec beaucoup de pédagogi,  le peu qu’on apprend jour après jour de ce mal. L’homme m’est plutôt sympathique et semble honnête pour répondre aux questions. Il égrène le nombre des malades et des morts dans le monde entier puis dans notre pays. lugubre litanie.
Dans mon village, il n’y a pas un cas de maladie pourtant le maire « intérimaire » s’agite comme si de son action dépendait le sort du monde. Le virus tue peut-être mais il ne guérit pas du ridicule, ni de la prétention.
Il fait gris depuis 48 h sur notre belle Provence quand il fait beau sur le reste du pays... on attend toujours ce fameux pallier ...puis cette décroissance. Un grand nombre de morts, certains hôpitaux surchargés de ces nouveaux malades...les autres trop vides de gens qui n’osent plus aller se faire soigner.
On commence à sentir les inquiétudes de ceux qui ne gagneront rien et ne seront pas indemnisés. Ils redoutent l’arrivée de leurs charges et de leurs créanciers. On sait que ceux qui souffriront le plus sont les plus fragiles.
Partagé entre une profonde envie de révolte d’être privé de liberté parce que finalement on ne croit personne capable de prendre seul ses responsabilité face au transfert de ce virus, et une volonté d’être sage, de s’astreindre à ces réglementations parfois ridicules pour prendre ce passage comme une épreuve pour tester notre humilité (et là, je sais que j’ai beaucoup matière à progresser 😉).
Mes seules sorties de là semaines sont quelques trop courts passages à mon potager (un jardin « familial » partagé), pour essayer de ne pas le laisser mourrir et d’ajouter son improductivité au reste du malheur du monde.
Le « cancre » qui est en moi, rebelle a toutes les interdictions, à déjà trouvé mille manières de frauder...mais je ne le fais pas. On force ma nature 😉
Attention, je n’en veux pas à nos gouvernants. Je les trouve plutôt à la hauteur et assumant leur inexpérience. Je me régale aussi des trésors d’imagination et de créativité qui circulent sur les ondes. Je reçois presque chaque jour un petit bijou de tendresse dans un « journal des kiwis confinés » qui vient de mes petits enfants du bout du monde. Je le regarde avec tendresse et avec intérêt d’autant plus qu’ils ont réveillé autour d’eux des liens familiaux un peu éteints avec le temps.
Je continue à m’exercer aux langues maintenant que je suis vraiment sûr que ça ne servira à rien...j’aime cette gratuité comme celle qui me pousse à lire ou à relire quelques livres qu’on remet toujours à plus tard.
J’ai trouvé aussi à mettre en œuvre quelques planches de bois, quelques sacs de ciment pour améliorer un peu notre petite maison.
Dis-moi Jacques, billet de petit moral, non ? 
Peut être un peu mais surtout billet d’ennui de vous, billet de manque des autres. Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Et même si je ne le suis pas tout à fait (ELLE est là bien présente quoiqu’en télétravail ), je m'aperçois que la substance de ma vie...ce sont les autres.
Bref, si tu m’entends, petit coronavirus de m...., dégage ! Et laisse nous vivre mieux qu’avant. La leçon est comprise qu’on n’est peut-être plus obligé de se précipiter à faire des choses inutiles, voir nocives pour notre avenir. 
Donc tu t’en vas ! microscopique créature et tu nous laisses en paix et tu verras qu’on peut encore faire plein de choses délicieuses.
Et toi, ami lecteur, qui me fait la grâce de me lire et avec qui, finalement, nos relations restent les mêmes. Tu me manques beaucoup et j’en rage de savoir que toi aussi tu es privé des autres.
Je t’embrasse.
a bientôt...plus léger 😉😉