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Il y a eu le temps de l’inquiétude : « Mais quel est donc ce virus ? et qui sera touché par ses ravages ? ». Nous sommes dans cette période, celle de l’obéissance aveugle et parfois imbécile (qu’on accepte parce qu’il faut savoir « accuser le coup ») : Accepter des contraintes simples et rigoureuses dans l’espoir de ne pas diffuser une maladie difficile à traiter de façon convenable. 
Mais le danger a diminué. Les lits d’hôpital se vident. On parle aujourd’hui de « fin de confinement ». C’est bon. C’est acquis. On a compris le message : l’éloignement, les gestes barrières, les masques et les gants si nécessaires....et tout le tra-la-la.
Mais maintenant c’est fini. Homme libre dans un pays qui se veut libre aussi, je ne veux pas devenir l’instrument de technocrates parisiens qui me dicteront où je dois aller et qui je dois rencontrer. Je veux garder MA liberté, MA part de fantaisie, MON droit à l’intelligence...ou à la sottise. A partir du 11 mai j’irai où bon me semble quand bon me semble et le seul obstacle à ces mouvements sera ce que j’en déciderai ... et les menaces de punition.
Il y a un temps pour obéir et un temps pour vivre libre et ne pas se laisser dicter ses choix. Deux mois ont suffi à comprendre (sauf pour ceux qui ne veulent pas comprendre OU qui en sont incapables ). 
Mais on est en démocratie et la démocratie c’est justement une place où l’on accepte que la voix du derniers des sots ait autant de poids que celle du plus sage des sages. C’est le droit à la liberté d’agir dans un cadre de lois déjà fixées. Elles sont déjà trop nombreuses ces lois. Je ne veux pas qu’elles soient remplacées par des règlements obscurs, rédigés à la hâte dans le cadre des cabinets de brillants esprits ...qui manquent bien souvent de sens pratique.
C’est avec des concepts comme ça qu’on se trouve un jour privé des droits les plus élémentaires. Le droit de penser, de prier, d’agir et de réfléchir. Le droit d’embrasser, de toucher et même le droit de rire.
Je réclame avec simplicité mais avec force, le droit d’exercer simplement ma part de responsabilité.
Une page se tourne, sombre où la longue récitation des morts d’une maladie remplaçait le soir le récit des actions des hommes.
Cette crise nous a appris, et c’est tant mieux, qu’il fallait savoir laisser notre monde en repos, l’herbe repousser sur les chemins et les insectes butiner tranquille. J’espère que nos gouvernants en tireront les leçons et comprendront que cette course imbécile au profit et à la consommation peut être heureusement remplacée par un monde qui gère avec sagesse son environnement.
Mais au delà de tout ça, j’ai juste envie que chacun reste à sa place...et qu’on me foute la paix....à partir du 11 mai 2020.
C’est dimanche soir. Dans mon petit jardin confiné on entend peu de bruit. ELLE est en train de prendre soin de roses magnifiques suivie par une petite chatte curieuse. Le village se tait (mais c’est souvent le cas le dimanche après midi). 
Je n’ai pas fait grand chose aujourd’hui. J’avais envie de marquer que c’était dimanche. J’ai aperçu sur mon écran mes enfants de partout, de France, d’Australie et de Nouvelle-Zelande. Nous serons privés cet été des plus éloignés d’entre eux.  J’ai beaucoup lu, écouté, réfléchi. J’ai assisté à une messe sur écran en espérant que ce soit l’avant-dernière fois. Nous avons déjeuné dehors et parle de jardin, de légumes, de fleurs....et de gens. De vous... dans des « ailleurs » interdits qui nous manquez beaucoup et que nous embrassons très fort.
Bonne dernière semaine de confinement...