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L’une des particularités de notre pays, c’est de savoir avec talent préparer la guerre .... « d’avant ». 
En 1870, Napoleon III vantait les fortifications qui entouraient notre capitale; En 1914 nos beaux uniformes colorés allaient nous permettre d’affronter n’importe quel ennemi ; en 1939 nous avions raison d’être fiers de notre belle Ligne Maginot.
On sait ce que ça nous a coûté.
Entre temps c’est le règne de la nonchalance mêlée d’une assez grande auto-satisfaction et de la recherche par chacun de ses petits avantages....Bref la politique ordinaire.
 C’est un peu le problème de notre pays : nous commençons généralement par ...perdre les guerres. Heureusement notre pays a le sens de la « débrouille », une belle imagination, une grande inventivité et le don d’apitoyer les plus grandes puissances sur notre sort...alors nous finissons par relever la tête.
À la fin, on juge et on condamne quelques coupables, souvent pas les bons, et on repart dans ce cycle irrémédiable.
Il en est de même aujourd’hui. Nous avons été pris de court par un virus inconnu. Nous avons eu des pertes et le pays a été immobilisé. Alors, maintenant qu’il est parti nous sortons tout un arsenal de mesures dont on se doute bien qu’elles ne serviront ...à rien.
Pendant la crise, les « politiques » disparaissent, attendant de savoir dans quel sens va tourner le vent. Mais dès l’avant-dernier-jour ils ressortent la tête et nous expliquent comment ils vont nous sauver du danger ...qui vient de se passer.
Mon père (volontaire à 19 ans en 1939 et qui eut un vrai et beau parcours de soldat et de résistant ) disait toujours, avec un peu d’ironie, que les français étaient tous des résistants mais que la plupart d’entre eux avait résisté pendant cinq ans ...à l’envie de combattre. 
Il en est de même aujourd’hui : Chacun y va de son plan, de sa solution, de son remède miracle.  Il s’ajoute un phénomène bien propre à notre époque : il faut « faire le buzz », se faire connaître par les médias.
Ce long préambule parce que, tout content d’être « déconfiné », je suis parti, hier, me promener longtemps. Je voulais vous retrouver. Vous...les « gens », mes contemporains,mes concitoyens, mes compatriotes....mes amis. Je voulais revoir vos visages, toucher vos mains, sentir vos odeurs.
Hélas j’ai voyagé dans des villes encore fantômes ou des femmes et des hommes masqués, ne me montraient que leurs yeux. La crainte est encore présente. Chacun y va de ses consignes, de ses commandes de masques, de ses stocks de gel, de ses précautions...souvent accompagnés de la perte de cette liberté qui nous est pourtant si chère.
Dans un pays où nombre de mes concitoyens répugnent encore à s’administrer des vaccins pour lutter contre des maladies connues, on cherche à préparer celui d’un mal nouveau...que peu prendront la précaution de s’administrer.
Notre monde est devenu trop petit. On le traverse beaucoup trop vite et tout voyage indéfiniment. Tous ces mouvements facilitent la circulation...même des mauvaises choses.
Alors, quand il s’agirait de se poser la question de savoir si cette folie consommatrice est bien nécessaire, et s’il ne serait pas plus raisonnable de renoncer à faire de la rentabilité la règle d’or de l’humanité, on met un masque et on croit qu’on va s’en tirer sans autre dommage.
Et bien non, ami lecteur, ce dont j’ai envie ce n’est pas de cela. J’ai envie de voyager mais rarement et pour de vraies raisons. J’ai envie de savoir qu’il existe dans le monde des peuples qui vivent différemment de nous. J’ai envie de retrouver des gestes oubliés de mes grands-parents, de sentir à nouveau le goût des fruits et des légumes, de boire de bons vins, de découvrir le monde peu à peu par cercles concentriques.
Mais je n’ai pas envie, pour rien, ou pour se donner bonne conscience de te voir avec un masque qui modifie ta voix, met de la buée sur tes lunettes et me prive de ton sourire.
La pluie d’hier a heureusement fait place ce matin à un soleil éclatant. J’ai plein de choses à faire. Et une fois que j’aurais terminé cette « complainte » mais surtout que je t’aurais souhaité tout le bien que j’espère pour toi, je filerai vers des choses plus essentielles.
Alors bonne journée, ami lecteur !