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Hier, un temps magnifique donnait à la Provence ses belles couleurs de printemps. J’avais programmé des travaux un peu lourds dans ma parcelle de jardins potagers familiaux. Les derniers travaux un peu lourds, car ensuite le travail est plus de l’entretien et de l’agrément (sauf pour la parcelle pédagogique où il reste encore beaucoup à faire ).
Le matin, je continuais la redécouverte de ce monde extérieur dont nous fûmes cruellement privés ces deux derniers mois : malgré des déluges de consignes diverses le déconfinement se met en place dans une vraie pagaille qui nous rappelle le caractère premier de notre pays...le désordre. La fréquentation des magasins est presque normale et si on oublie les masques que portent la plupart des gens, on retrouve les mêmes ambiances et la même affluence. 
Au jardin je fus longtemps seul puis la fin de l’après midi vit arriver quelques groupes de petites familles et quelques autres solitaires. Cette crise a eu du bon qu’elle a donné à beaucoup l’envie de revenir à des valeurs plus authentiques et les dernières parcelles ont trouvé preneurs, généralement des familles jeunes.
Ainsi j’ai pour voisins un jeune couple et deux petits enfants : Jason et Abigaëlle. J’avoue que je suis content de ces petits voisins (même si j’ai du renoncer à l’étalement de mes légumes dans ce jardin déserté 😉). Mes petits-enfants sont loin et nous risquons d’en être privés longtemps et voir ces enfants jouer a quelque chose de rafraîchissant.
Il m’a donc fallu, à la hâte, recomposer une partie de mon jardin que j’utilisais à stocker des la terre et du fumier. Un gros travail, fatigant, mais rapidement, a mesure que  le corps s’échauffait je retrouvais  cette sensation délicieuse que tout fonctionnait à peu près bien.
Depuis l’adolescence où je découvris les bonheurs des gros efforts physiques j’ai toujours le même sentiment à la reprise de l’exercice. Le corps engourdi retrouve vite son élan, son envie de fonctionner. Il s’échauffe et très vite s’installe une sorte d’enivrement de l’effort. Bon, c’est sûr ! Il faut maintenant plus de temps pour récupérer de la fatigue et quelques douleurs rappellent pendant quelques jours (quelques semaines😉), toutes les petites blessures, les petits accidents.
J’avoue qu’aujourd’hui ou j’avais prévu quelques travaux de maçonnerie j’ai vu d’un bon œil arriver la pluie.
On sent partout cette vie de revenir à une vie normale...en mieux et j’avoue que c’est avec bonheur que j’assiste à tout ce mouvement.
Nous ne savons pas grand chose de demain. Nous pensons qu’il sera difficile pour beaucoup sur le plan économique. Déjà les politiques s’activent. On recommence à parler de ces élections interrompues en cours de route qui laissent notre village dans un curieux intérims dont je reparlerai bientôt sur mon autre blog.
Mais l’essentiel est la, dans cette vie qui reprend. Cette crise a eu de bon qu’elle a retissé certains liens familiaux et amicaux que le temps et l’éloignement relâchent peu à peu. Une envie d’aimer davantage ceux qu’on a parfois un peu oublié.
Pour ma part le début du confinement me donna beaucoup envie d’écrire. La fin fut plus difficile, une impression de redites et de rabâchages m’a laissé assez souvent devant une page blanche.
J’écris en scrutant le ciel. Il reste gris. Je vais orienter la journée vers des travaux plus « intellectuels que physiques ». J’ai redécouvert la « radio intelligente » pendant cette période et l’écoute d’émissions enregistrées remplace parfois le silence de mon atelier. Ce qui le permet de cumuler le bonheur du « faire » avec celui de « réfléchir en écoutant ». Le temps passe vite. Le processus d’achat de notre « agrandissement«  se remet également en place...et c’est tant mieux. De nouvelles tâches à faire. De nouvelles pages à écrire.
Bonne journée, ami lecteur. Bonne reprise.