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Se lever avant l’aube, plein de reconnaissance pour une nuit de repos.
Faire un premier tour de la maison, ouvrir les volets, admirer les travaux.
Pester contre cet œil qui craint pour l’instant la poussière et qui empêche de s’y associer. Se dire qu’on a de la chance de vivre dans un pays où l’on peut aisément  et gratuitement se faire soigner.
LA réveiller et regretter qu’ELLE doive s’en aller travailler. Deux jours et une semaine encore et ELLE sera en vacances.😊😊😊
Sortir une première fois. « Tiens ! Le boulanger est ouvert ». Il y a bien quelques croissants mais pas encore de ses délicieux pains. Tant pis on y retournera plus tard.
Mais ce sera trop tard. Sortir alors pour l’autre boulangerie. Acheter du pain frais pour le petit déjeuner de nos gentilles « pensionnaires ».
Se dire que ce sera sympa aussi d’offrir un café-croissants aux artisans de chantier qui entament la dernière journée de cette grosse étape.
Rencontrer un vieil ami. Échanger avec lui sur un peu tout ce qui est intéressant : ce qu’il fait en ce moment, son camping-car en panne, le travaux de la maison…et nos familles bien sûr.
Rentrer à la maison. Le travail a déjà commencé. Il sera encore difficile. Un camion à remplir de gravats puis la fin d’une fenêtre. Passer un moment avec eux autour de ce café et de ce croissant. Féliciter d’un beau travail. Se souvenir du temps où l’on aimait soi-même être félicité du travail bien fait. La vie est un éternel recommencement.
Ressortir faire des courses. Dans mon village les deux supermarchés sont encore bien petits et accessibles à pied. Il sont ainsi devenus un endroit de rencontre qui remplace les rues commerçantes d’antan.
Acheter les brochettes du déjeuner.
Revenir en faisant le tour par le petit parc. Se souvenir qu’on a participé à sa conception et à sa réalisation. Regretter un peu ce temps et ce sentiment d’être utile. Se réjouir que le travail ait été bien fait et se dire qu’on sera peut-être le seul à voir la main du ferronnier, le soin du jardinier, le talent du maître d’œuvre. 
Passer par la place du marché. Croiser la responsable de l’office du tourisme. Quelques mots encore sur le passage des touristes, la gêne occasionnée par ces nouvelles contraintes sanitaires, et quelques autres petites choses.
Ne pas trop se montrer pendant les travaux. C’est toujours un peu pénible de se savoir observé.
Se dire que,  finalement, on ira au jardin ce soir. S’asseoir pour écrire.
Nos petites pensionnaires entre-temps se sont réveillées. Je les entends autour du petit déjeuner sans bien distinguer ce qu’elles disent. Une petite nièce délicieuse et une gentille amie tout aussi sympathique. Elles visitent un peu la région et les familles. Elles iront ce matin visiter la vieille abbaye qui domine le village, et les grottes. Puis après déjeuner elles partiront vers une autre ville et d’autres familles. C’était bon de prendre aussi des nouvelles de ceux auprès desquels elles vivent où qu’elles ont déjà rencontré.
Pendant tout ce temps, je ne ferais pas grand chose : écrire, lire, veiller à leur confort, attendre le moment proche où les bruits de travaux viendront à nouveau de moi.
Bref, la vie simple d’un homme ordinaire mais tellement précieuse qu’on voudrait qu’elle resta ainsi.
A l’heure où le monde souffre de son orgueil et de son manque de sagesse, où l’homme a oublié qu’il n’était pas seul sur la terre et qu’il ne serait pas là sans le labeur et la peine de ceux qui l’ont précédé…et de Celui qui a permis qu’il existe; à cette heure-la, mon ami lecteur, je te souhaite une journée aussi simple et tout aussi paisible.
Je t’embrasse.