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Il y a ce temps où la vie coule un peu moins vite qu’avant. Les gestes sont plus lents. Les regards plus doux s’embrument d’un rien. Les jours se remplissent de petites choses. Les jugements sont plus cléments et la clémence devient un peu le diapason de nos pensées. On aime plus doucement, sans faire d’éclat mais plus profondément peut-être.
Il y eut ce matin ce réveil un peu plus tardif de dimanche, l’attente dans le salon encore froid sous le gros plaid de laine qu’ELLE fit de ses mains. Il y eut cette messe du premier dimanche de l’avent où les moines s’absentent un bon moment pour bénir tour à tour chacune des pièces de l’abbaye.
Et cette difficulté à me concentrer sur ma prière tant les pensées vagabondent en moi : sentiment de culpabilité et foi dans l’indulgence d’un Père. Une pensée tenait beaucoup de place : comment ces hommes partagent leurs journées entre travail, un peu de repos et beaucoup de prière pour tant de gens qu’ils ne connaissent même pas. Ça continue de me fasciner et j’ai pour eux tellement d’affection sans même les connaître souvent.
A côté de nous, une petite famille avait un bébé tout neuf. Il y avait d’ailleurs beaucoup de jeunes gens et d’enfants, comme pour faire mentir ceux qui croient que l’exigence fait fuir et qu’il faut toujours amoindrir le message et les exigences pour amener les brebis au bercail.
A la sortie ..des amis. Quelle chance aussi que les amis. Chacun s’égaille dans sa propre direction. Il y a ceux qui vont fêter l’anniversaire d’une petite fille, ceux qui nous parlent de leur maison et puis tous ces mots qui ont l’air inutiles et qui sont pourtant si importants.
Nous rentrons. Un apéritif de dimanche. Nous devenons trop raisonnables. Un repas léger. Un café. Un jeu de société…ou plutôt de tête-à-tête. Je file faire la sieste. ELLE reprend son tricot où elle en était restée. Pendant que courent les aiguilles et que ses lèvres murmures les étranges litanies de chiffres des «tricoteuses » il y a dans sa tête sûrement un peu de ce bébé à naître et de tous les autres bébés qu’ELLE aima et aime encore.
Je reviens. J’allume un feu car le soleil a quitté la fenêtre du salon. Nous serons aujourd’hui sédentaire car ELLE travaille demain et ça lui donne un peu le blues.
Quelques heures entre lecture et vagabondage sur des sites de bricolage et de jardin. La chatte paresse aussi. Un fond de musique de jazz.
C’est déjà le soir. Toujours ce sentiment d’injustice d’avoir une vie douce (non pas qu’elle ne connut aucune difficulté…mais ce sentiment de confiance, d’être entre de bonnes mains).
Juste envie d’aimer tout le monde (en vrai ce n’est pas le cas…chacun a ses méchants 😉).
Demain ce sera jardin puis bricolage…quelques lignes écrites aussi…peut-être.
Bonne semaine, ami lecteur. Je t’embrasse.