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4 mars 2025

Mardi-gras….

 
Je me suis réveillé ce matin encore plus tôt que d’habitude : à l’heure où mes amis moines descendent chanter mâtines dans leurs abbayes silencieuses. J’étais terriblement joyeux et j’avais envie de commencer ma journée par ce billet.
C’est aujourd’hui mardi-gras, le jour qui précède le long careme qui se conclut le jour de Pâques, un jour de joie avant des jours d’austérité. Est-ce pour ça que je fus réveillé par le rêve étrange que je veux vous raconter ?
Dans ce rêve je retrouvais, par un étrange concours de circonstances, les amis de mes vingt ans. Je les reconnaissais bien malgré leurs cheveux blanchis (ou disparus 😉). Je reconnaissais aussi dans les dames qui les accompagnaient quelques-unes des charmantes jeunes filles que nous croisions alors. D’autres, avec cette même élégance  que donnent des vies bien pleines, s’étaient ajoutées depuis. Elles parlaient beaucoup de leurs familles, plus aujourd’hui des joies qu’elles avaient vécues que des épreuves  que nous avions rencontré. Nous, les hommes, moins sages, une fois de plus nous refaisions le monde.
Notre jeunesse correspondait à cette horrible période d’après 1968, où il était de bon ton de tout remettre en cause de ce que nous avions reçu des générations précédentes. Le cynisme était à la mode et marquera toute notre époque. Mais nous, nous ne le voulions pas. Nous voulions continuer d’y croire, améliorer le modèle, et tenter de vivre ainsi.
La génération de nos parents avait connu la seconde guerre mondiale. Il y avait parmi nos pères des hommes qui s’étaient engagés pour leur pays et pour notre avenir. C’était aussi le cas de nos grands-parents parents. Ils avaient connu bien d’autres épreuves que nos petits états d’âmes d’enfants gâtés. Il y avait eu de vrais sacrifices et de vrais héros et toutes ces héroïnes des périodes sombres.
Nous voulions être à la hauteur. Nous vous voulions continuer de porter ces mêmes valeurs (un mot interdit aujourd’hui).
Mais nous nous n’avons pas connu tout cela. Notre seul « héroïsme » à nous a été de vouloir continuer à vivre au mieux comme cela et à le transmettre nous-mêmes à nos enfants…du lieux que nous avons pu.
Et aujourd’hui nous nous retrouvions. Bien sûr, il y avait eu de la « casse ». Certains avaient choisi plus de confort dans le monde en abandonnant ces idéaux. Quelques couples s’étaient brisés aussi aux duretés de la vie. Mais nous ne voulions pas y penser. Nous ne voulions pas non plus trop nous raconter mais juste partager un demi-siècle plus tard le bonheur de se retrouver et de se dire que tout cela était bon et reste bon. Nous n’étions pas très riches…mais pas pauvres non plus. Nous avions reçu pendant tout ce temps le fameux « pain quotidien » que nous demandions dans nos prières.
J’étais tellement content de ce bonheur ordinaire que j’ai eu envie de commencer ma journée en le racontant.
Je pense à mes enfants et à mes petits-enfants délicieux. J’espère qu’ils ne seront pas trop déçus de leur héritage, de ce que nous avons essayé de partager avec eux et de faire vivre encore un peu de temps. Je sais qu’ils feront, eux aussi, de leurs quotidiens de belles choses.
C’est pour eux que je voulais écrire ces mots…et bien sûr pour toi, fidèle ami lecteur. Je les embrasse et je t’embrasse.
Bon mardi-gras et bon Carême (même si je sais déjà que je ne tiendrais pas la liste de mes petites « privations » 😉.
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