20 août 2025
Mon cher Gilles,….

Nombreux sont ceux qui te connaissent mieux que moi et qui sont plus à même de parler de toi. Mais de ce monde bizarre où vouloir prolonger la trace de ses pères et ce qu’on nous a enseigné c’est aller à contre-courant, nous avons tous besoin d’appuis et même de modèles et tu fus de ceux-là.
La géographie et le poids des familles sont tels qu’on ne fréquente pas assez ceux qui sont un peu loin. Parmi eux il y a ceux qu’on rencontre quand même toujours aux bons moments, toujours aux bons endroits. Laure et toi vous êtes de ceux-là.
Des vies un peu parallèles, dans les écoles, dans les troupes de scouts, aux cours de catéchisme du Père Ginoux, à « Ne crains pas ! », dans les bonnes manifestations, et dans nombre d’occasions politiquement incorrectes aux yeux du monde.
Iil y a ceux qui sont là quand tu as besoin d’eux, quand tu as besoin d’aide, quand tu as besoin de travail, et avec qui tu partages le travail et le pain quotidien. Ceux qui me liront savent que, Laure et toi, vous êtes de ceux-là.
Puis il y a eu ce jour où tu me proposas d’aller « donner un coup de main à Frigolet ». C’est un peu loin pour moi, j’hésitais mais j’y allais quand même et découvris que, même maladroits et peu préparés à ces travaux comme nous le sommes, nous pouvions ne pas être complètement inutiles dans une atmosphère tellement particulière d’intimité, entre deux temps, entre deux mondes de cette belle abbaye.
Cette fraternité de travail, le plaisir de travailler ensemble, de partager nos efforts et nos savoir-faire, mais aussi nos repas, nos vies, nos familles, nos questions, et un peu la vie de la communauté, ce fut un très beau cadeau.
Ça a été un vrai plaisir de travailler ainsi avec toi et (tous le diront) de partager ton expérience dans tous ces métiers.
Tu es un peu plus âgé que moi, l’âge d’un grand-frère, et tu as comme moi quitté, à l’âge d’homme, des régions plus austères et plus au nord pour rejoindre notre belle Provence. Et quelques années avant moi, tu as succombé au charme d’une jolie provençale.
Nous sommes tous tristes de ton départ, chacun pour des raisons différentes : Laure, tes enfants, tes petits-enfants, ta familles, tes nombreux amis, les Prémontrés, les « bénévoles » et plein d’autres que j’oublie certainement.
Beaucoup parmi nous, partagent cependant la même Espérance d’un monde meilleur que tu as certainement rejoint, qui nous attend et que nous espérons tous.
Mais nous savons aussi que pour tous tes proches, s’habituer à ton absence sera certainement difficile. C’est pour ça que j’espère que nos prières les aiderons pendant ces moments.
Je sais que tu n’aimes pas trop les longs discours alors j’arrête là en te souhaitant « à Dieu » et en embrassant tous ceux qui t’accompagnent.
Ton ami, Jacques
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