Le concours
Dans moins de trois heures maintenant, il entrera dans la salle. Il préparera ses feuilles et ses stylos et ce sera parti pour 6 heures. 6 heures difficiles, les premières 6 heures d'une série d'épreuves qui vont s'enchaîner sans répit pendant 10 jours. Il sera concentré dans l'épreuve et fatigué le soir. Il a travaillé dur ces dernières années et une partie de son avenir est en train de se jouer. "N'aie pas peur" lui ont dit ses parents. "Même pas peur !" leur a-t-il répondu. Il est noué. Ils sont noués.
Et pourtant il le sait que la vie c'est bien plus que ça. Que ses amis l'aiment sans diplôme. Que sa guitare a envie qu'il s'occupe plus souvent d'elle. Qu'il se remette à rêver un peu plus souvent en la tenant dans les bras.
Il compte les jours qui suivront, jours de révision et puis les oraux, et puis les vacances..comme les tous petits comptent les dodos qui les séparent de Noël.
Il rêve de construire des autos depuis qu'il est enfant. Il répondra peut-être enfin lui-même à la question mille fois posée à son père sur le chemin de l'école, de la maternelle à la terminale : "Dis papa, qu'est ce qui va le plus vite, les voitures ou les motos ?" et les mille réponses différentes, chaque jour jour nouvelles, de son père amusé et intrigué.
IL réparera la vieille Juvaquatre qui traîne au fond du jardin, qui livrait le charbon dans le village, abandonnée par le précèdent propriétaire et qui a déjà eu mille utilisations dans sa tête.
Il deviendra "ingénieur", un vrai, un qui met les mains dans les machines.
Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que , quel que soit le concours qu'il obtiendra il restera pour ses parents un mélange de ce petit adulte qu'ils voyaient se créer et de ce petit enfant qu'il ne cessera d'être pour eux.
Mélange de sagesse et de joies, de tendresse et de courage : Bref un être humain.
Courage, fiston !