Le veilleur
Un petit bruit ou trop de silence et il est réveillé. Il se lève. Il regarde à côté de lui et voit sur un visage la douceur du sommeil, la confiance de l'abadon. Il descend en douceur les marches de l'escalier qui mène à sa chambre, la plus haute de la maison, non pas celle qui domine mais celle qui surveille. Il entrouvre une première porte. Un souffle régulier et paisible. Une seconde porte. Quelques soupirs :un rêve terminé ? Il fait le tour de la maison. S'arrête dans le salon paisible où l'hiver la cheminée éteinte garde la chaleur du jour et où l'été la fraicheur des vieilles maisons s'installe à son tour. Il s'assied. Il se pose. Cette ronde de bonheur, il aimerait qu'elle ne s'arrête jamais et comme le sommeil l'a fuit, il va profiter de ces instants donnés. Il prend un de ces livres ou neufs, ou cent fois relus, le soupèse, le regarde, l'installe dans ses mains, dans sa tête et dans son coeur. Il vont avancer quelques minutes ensemble, l'homme et le livre, chasser les idées noires et installer les projets, les plans, les envies. Le temps va durer, quelques minutes, quelques heures. Le bonheur de la lecture, les joies de partager l'intelligence ou la douceur des autres, de ceux qui ont laissé leur âmes dans ces pages...et le sommeil revient, peu à peu. Lorsqu'il est là, l'homme peut alors refaire en sens inverse le chemin parcouru, retrouver ce lit, sa place encore tiède, la douceur d'un autre corps. Il s'abandonne alors à ce sommeil réparateur pour quelques minutes ou quelques heures. Ou alors l'aube l'aura surpris dans sa lecture et l'homme commencera sa journée encore tout impregné des ces bonheurs nouveaux.
Bonne journée.