Qu'importe le flacon...
Le soir était là depuis quelques heures. un soir d'été dans le sud de la France. Mais un soir d'un été qui avait encore un petit goût de printemps. Un peu frais, un peu de vent, des pluies pas très anciennes. La jeune femme dessinait, assise sur un canapé, les jambes repliées. Elle écoutait de la musique. Des enfants dormaient dans leur chambre. Sans bruit. Les enfants dorment sans bruit et sans déranger. Leur tête est pleine de doux rêves. Les vacances approchent pour eux avec toutes leurs promesses de bonheurs partagés, de retrouvailles, de jeux.
L'année scolaire, synonyme pour elle d'année de travail, s'achevait aussi. Une année qui finit pour la "maîtresse" qu'elle est devenue. Des visages d'enfants qui vont changer. Une année qui en amènera d'autres avec leurs rêves, leurs attentes et parfois leurs angoisses. Un métier loin de son métier d'origine. Un nouveau choix.
Un Homme quelque part entre ciel et terre, trop souvent, trop loin, trop longtemps. Un temps entre l'attente des retrouvailles et l'angoisse d'un nouveau départ.
Un livre ouvert présente des merveilles de l'art. L'orient vu par les peintres du 19éme siècle. Un orient de légendes et de contes merveilleux.Une source d'inspiration que la beauté créée par d'autres. Après tout, eux-mêmes sont bien allés chercher leur inspiration ailleurs, dans d'autres endroits, chez d'autres artistes. Une belle transmission que celle de l'art où chacun ajoute sa petite part à une gigantesque oeuvre commune. La tradition de l'art. "Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants".
Un goût très fort pour dessiner les corps et les visages plus que pour les objets. Chercher les secrets des corps les plus lointains jusqu'aux plus proches, jusqu'à parfois son propre corps. On préserve les êtres qu'on aime le plus au monde, Lui et Eux...qui dorment.
La musique joue un air de piano. Autre source d'inspiration.
Dans un coin oublié d'une belle fresque, un flacon à l'allure bizarre. On le dessine...comme par hasard.
Puis un moment de vide, de questions. Et s'il y avait mieux ? Et si tout cela n'était pas parfait ? Et si on gommait les petites imperfections ? Et si...et si...et si la plénitude existait ?.
Si la plénitude existait, elle serait contenue dans un petit flacon,un flacon magique. Il suffirait de la boire et on l'atteindrait. Que serait ce flacon dont on rêve de l'ivresse ? Le rêve de l'homme depuis toujours. Du Saint Graal à la lampe d'Aladin, en passant par la potion magique d'Astérix, en passant parfois par l'absinthe ou des substances plus dangereuses. Peut-être simplement une envie que le temps s'arrête juste au moment où la photo serait parfaite, où le portrait serait achevé.
C'est sans compter sans là-haut où depuis l'origine des temps, On essaie de nous faire comprendre que pour nous le temps passé sur terre sera marche, arrêt, repos...et remarche. Une sorte de pèlerinage sans fin où nos bonheurs naîtront plus de nos attentes que de nos résultats.
Le crayon dessine un nouveau trait. La question a disparu. Elle reviendra...et redisparaitra. Entre temps le bonheur aura fait sa place.
Une petite histoire. Un petit clin d'oeil. La réponse à une question posée sur un autre blog ami et plein de belles choses. Une nouvelle raison d'écrire, un nouveau bonheur que de le faire.