T'a pas cent balles ?
C'est l'image qui m'a réveillé. Un clochard improbable dans mon village où personne ne mendie. Parfois à la sortie de l'église mais il repart aussitôt sa "misson" terminée. L'homme était devant moi misérable et me sortait cette phrase qu'il n'avait pas préparé et qui n'a plus de sens. Ses habits sentaient la misère, le parcours cahotique. son visage était marqué des coups et des années et sa bouche édentée de l'évidence de la haîne. Il ne devait pas être bien vieux mais en vérité il ne semblait pas avoir d'âge. Je me sentais à la fois riche et pauvre. riche de n'être pas ainsi, d'avoir une femme, un toit des murs, des amis, des rires autour de moi...et du travail aussi. Pauvre de ne pas savoir partager avec lui mes trésors, de le sentir ainsi condamné et de me sentir aussi incapable. Pauvre aussi de me dire que je n'avais pas le moindre centime à partager avec lui parce qu'une fois de plus j'étais sorti les mains et les poches vides.
Pourquoi cette image venue me déranger au fond de mon sommeil que tout aurait du rendre paisible ? Une bonne journée paisible, une famille en partie rassemblée, une soirée ches des amis commençée tôt et finie tôt, exactement comme je les aime. Des amis retrouvés au retour des vacances et certains découverts. Une maison dont nous avions un moment rêvé, devenue la maison d'autres qui l'avaient embellie un peu comme nous aurions aimé le faire. Le doux sentiment de n'avoir pas laissé passer une occasion.Et ce matin ce match qui me ferait lever plus tôt pour pouvoir le concilier avec la messe. Des joueurs qui courent, qui se battent un ballon....mais surtout le souvenir d'un temps passé où ce ballon convoité me semblait si important. Aucune raison donc à cette triste image.
Alors je me suis levé sans bruit pour ne pas la réveiller. Je suis venu sur le clavier chasser cette image. Et je me suis promis d'avoir toujours au fond de la poche cette pièce qui ce jour-là, cette nuit-là, ce rêve-là m'a cruellement fait défaut.
Désolé d'avoir peut-être troublé votre journée de cette triste image mais vous me pardonnerez car vous savez bien que c'est en les disant qu'on conjure ses mauvais rêves. Je vous en remercie.
Je vous souhaite un très bon dimanche.