La petite souris (2)
Le temps des travaux électriques était terminé, enfin pour quelque temps. Le jour suivant était un jour de plâtres, le premier jour d'une longue série tant la pièce avait besoin d'une grosse remise en forme. Inutile de vous dire que l'homme ne s'était pas inquiété de la souris. Il avait juste téléphoné aux propriétaires pour les prévenir de l'arrêt de leur appareil et du retour des petites bêtes. Il lui avaient répondu que c'était curieux et qu'ils se souvenaient l'avoir remis en état de marche lors de leur départ ."Dans la hâte ils se seront trompés ! " Il renouvela l'opération.
Puis il avait commencé sa journée.
C'est fatiguant de plâtrer mais l'homme aimait cette matière. Du plâtre, du sable, de la chaux, de l'eau. Une pâte malléable, facile à travailler, qui sèche rapidement et qui permet ainsi de voir le résultat rapidement. Un produit ancien adapté à ces vieux murs de pierre et de terre. Mais quelques soient les efforts pour rester propre, il est fréquent qu'un gros "éclat" de plâtre échappe à la truelle et termine son parcours sur le sol.
Ce fut le cas. L'homme regarda par terre pour voir l'ampleur du désastre et à sa grande surprise la tâche se déplaçait sur le sol avec difficulté et en poussant de petits cris stridents. L'homme était à jeun. Il n'était pas sujet à des hallucinations. Il descendit de son échelle et découvrit à nouveau la petite souris trop curieuse. La charge était trop lourde. Elle se débattait et n'arrivait plus à avancer et sentait sécher presque instantanément ce qui risquait de devenir son tombeau. L'homme sourit, la prit dans ses mains et malgré ses cris la passa rapidement sous l'eau. La petite bête était terrorisée et du coup de taisait. dès qu'il l'a posa à terre, elle s'enfuit et l'homme reprit son travail en râlant car pendant ce temps le reste de son plâtre avait pris et n'était plus utilisable.
Il nettoya ses outils, refit son mélange et repartit de plus belle. Il avait presque oublié l'incident. Puis il travailla d'arrache pied jusqu'à l'heure de son repas. Rapide le repas d'un homme seul. Un moment de détente assis sur la terrasse devant la maison. La petite souris était monté sur la table de jardin, le regardait en souriant.Il lui parla, elle lui sourit, et...
Mais il faut maintenant que j'arrête, car bien sûr, tout cela est faux et nous ne sommes pas des enfants. Mais ils sont si doux ces moments où l'on s'égare, où l'on ne sait plus très bien où sont les frontières, les limites. On se met à plusieurs à partager les mêmes rêves, on écrit ses histoires à plusieurs paires de mains. On est bien.
Envoi : petite souris, reviens quand tu veux ! Je te promets d'écrire alors le moindre de tes exploits sans rien y changer.
Passez une bonne nuit et que la journée de demain vous soit douce.