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et pourquoi ne pas le dire ?
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23 janvier 2012

Où il est question de bateau.

Qu'est ce qui l'avait réveillé à cette heure ? Qu'est ce qui avait relancé l'insomnie presque oubliée ? Était-ce ce ciel si beau et étoilé de cette nuit d'hiver ? Ou bien ce vent que faisait grincer les arbres ? Ou tout simplement un peu d'angoisse tout à coup pour demain. Il se lève en silence. Il descend l'escalier de bois d'abord. Une première fenêtre  : la rue en enfilade n'est éclairée que de la lumière du ciel. Un autre escalier. Un salon, une table, un clavier. Le feu est arrêté mais la cheminée encore chaude. Il ne rallume pas. Il va falloir partir tout. Les animaux iront dehors. Ce ne sera que ce soir que la flamme reviendra animer cet espace. Deux lampes allumées. Une clarté très douce qui se fait peu à peu au rythme du tube qui chauffe. Un petit tour dans la nuit, un peu de fraîcheur, un peu de mouvement.

Au fond du jardin un silhouette. Un bateau. Le bateau qu'ils ont eu pour presque rien et qui attend qu'ils aient un peu de temps pour le remettre à la mer. Pas un "fameux trois mat fin comme un oiseau", non juste un dériveur qui ne demande qu'à retrouver son eau, sa mer. Il en a déjà parcouru des milliers de nautiques. Avec d'anciens propriétaires puis dans la tête des nouveaux et dans celle de leur père. Il en a habité des rêves sentant l'iode et le vent et la mer et les côtes qui s'éloignent. Le mat est plié et repose sur le pont mais le vent qui agite l'ensemble semble lui donner du mouvement. Une grosse envie de mer, de soleil et d'eau et d'aventures aussi.

Brrr ! Il fait froid. L'image est prise. On rentre. Un plaid jeté sur les genoux. Un livre pris pour trouver le vrai repos, le repos de l'âme. On s'assied au fond du canapé qui très vite se réchauffe. Le chat vient se blottir à côté. Le chien lui n'a pas bougé. Trop tôt....pas encore son heure. L'image du bateau s'efface et fait place à celle de ses garçons. Déjà des hommes...le temps passé trop vite. Puis tous les membres de la famille apparaissent un à un, et les douces images de l'enfance et la paix de ce temps et quelques inquiétudes aussi qu'il a fallu surmonter mais qui ont rejoint le coin des souvenirs. Puis un à un ce sont des pages entières de vie qui défilent. Le calme n'est pas revenu. Mais ce qui anime son esprit est très doux. Il faut quand même retrouver le repos. Saisir un livre de prière. Lire des paroles apaisantes. Retrouver le sens de tout cela. Demander la paix de l'esprit. Savoir qu'au lever ce sont toutes ces pensées qui donneront la force qui descendra de l'esprit dans ce corps encore gourd du repos de ces deux jours. Alors les bras, retrouveront leurs gestes. Le froid sera... moins froid et l'humide moins humide. A midi il se réfugiera dans la voiture au soleil pour un dîner rapide...peut-être même qu'il s'endormira assis pour quelques minutes. L'après midi sera ainsi plus facile et le jour qui s'enfuit lui dira d'arrêter. Ce jour qui rallonge déjà et qui fait deviner un printemps possible. Alors il retrouvera le chemin du repos et de l'âtre. La douceur du foyer ranimé et de la douce soirée. Ainsi sera ce jour.Ainsi sera ce soir. Et la nuit et le cycle du temps qui passe.

Le calme est revenu. Les idées posées. Quelques mots écrits. Un rapide passage chez les autres. En silence, juste pour voir. Puis le chemin de la remontée pour quelques heures de sommeil encore. L'escalier dur puis l'escalier de bois, puis le lit.  Première insomnie de l'année.

Et vous qui, je l'espère en ce moment dormez encore d'un juste sommeil,  sachez qu'il a aussi demandé que votre sommeil soit doux et doux votre réveil.

Demain sera une bonne journée !

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Commentaires
Z
Un texte, où comme le dit Célestine, on entend presque votre respiration, comme si le rythme de vos mots, de notre lecture, épousaient le temps réel. Vous me faîtes penser à Umberto Eco et le temps dans son roman "le Nom de la rose", temps réel, temps de l'écriture. Il explique dans son apostille comment il a mis en relation quasi mathématique, le temps de la prière, le temps de l'histoire, le temps de la vue qui parcourt les lignes. Merci !<br /> <br /> Amitiés
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H
Ici c'est la gastro qui me tient éveillée la nuit, voyez c'est moins doux que vos éveils. J'aimais particulièrement les éveils nocturnes de fin de grossesse, j'adorais même. <br /> <br /> Ils sont bons ces moments d'éveils quand on sait que le lendemain sera doux. Doux mystère nocturne quand il ne se teinte pas d'angoisse. Celle ci semble avoir déserté. <br /> <br /> Bonne semaine Jacques !
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J
Je pense à vous... Belle journée
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H
@Célestine : c'est vous qui avez raison.<br /> <br /> J'ai été et je suis encore, une passionnée de l'histoire, du monde, de la politique au sens large, dévorant tout, écoutant tout, regardant tout avec une quasi addiction et une réelle délectation... J'ai depuis pas mal de temps recentré ma marche sur l'essentiel mais ne me suis pas encore débarrassée de tous ces outils d'information qui m'empoisonnent la tête, je dois bien le reconnaître, d'autant que le journalisme n'a plus les mêmes exigences déontologiques.<br /> <br /> Curieusement, éteindre la radio le matin m'angoisse encore, comme si le train allait partir sans moi... Alors je monte dedans à contrecoeur, sachant que la destination n'est pas celle que je souhaiterais !<br /> <br /> Voila pourquoi la tranquille et simple sérénité de M. Jacques est si apaisante ! C'est la démarche que je me promets d'entreprendre très bientôt... Un travail pour le carême peut-être !<br /> <br /> Je vous souhaite à tous une belle et douce journée.
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H
euh je voulais dire "je suis rassurée"
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et pourquoi ne pas le dire ?
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