Et si....
Et si je reprenais la plume. Et si je laissais de côté ce sentiment un peu amer d'un blog trop peu lu, d'amis un peu lointains, pas trop vus. Et si j'oubliai ce week-end parisien. Cette ville délicieuse mais trop grise. Et si je me concentrai sur ces nouveaux fiancés que j'avais rencontré. Lui très fier, Elle très douce. tous deux émus d'un rite qui, s'il n'a plus trop court, garde en lui ce goût sucré de promesse et de sagesse, de patience et de paix. Et cette prestigieuse école rencontrée au hasard d'une rue où mon dernier fils ira dans quelque temps terminer ses études. Et ces clins d'oeils de la ville fréquentée jadis, de des endroits perdus et des endroits oubliés. Et ce numéro perdu dans cette rue pourtant bien petite, où je vécus jadis et dont j'ai perdu même la mémoire. Et cette halte dans cet appartement d'amis de l'autre bout du monde nous laissant leurs biens à user à guise. Et cette magnifique demeure aux allures de château au bord de la Seine, en face du Louvre, où derrière une austère façade se cachent des merveilles et un accueil digne de la plus grande tradition d'hospitalité. Et cette soirée debout en amis, dans un petit bar perdu. Et cette route longue du soleil vers le gris puis du gris vers le soleil. Et ce retour. Et le travail qui reprend. Et un chantier fini puis repris et même un goût amer. Et la fatigue aussi. Mais la paix. Mais le bonheur qui éclate comme les bourgeons naissant de ce rosier, les tulipes qui pointent leur nez et le lilas qui s'apprête.
Et puis de belles pages. Et puis de vraies douceurs d'écritures. Et puis de belles odeurs, des mots entrecroisés, entrelacés, enguirlandés. Et puis le jour plus long, le soir qui tarde.
Et oublier ces bouffons qui s'agitent et qui pourtant nous gouvernent ou nous gouvernerons...ou pas. Et les bouffonneries et les fanfaronnades du prêt à penser et du prêt à dire.Le faux danger, le faux courage. Mon président, je l'aimerais humble et doux, ordinaire et discret, serviteur de son peuple, sachant cerner les hommes et les âmes, se moquant des chiffres, et attentifs aux petits, surtout aux petits. Je n'ai que faire de leurs rodomontades. Je voudrais qu'il sache, qu'il aime, qu'il partage, qu'il égalise...bref qu'il gouverne.
Et si je me concentrai sur Monsieur S. qui a l'autre bout du monde, dans son Japon de malheur, va fêter le premier anniversaire de son malheur et un jour plus tard le premier anniversaire de son courage, de son envie de vivre, de son envie d'aimer, de son envie d'être.
Et si j'allais retrouver les belles pages de ceux qui sont partis et qui nous renvoient de beaux récits de belles photos de voyages, de neiges, de cîmes et de grattes-ciels. Et si j'allais voir ce que devient un petit singe malin qui se cache et fait mille tours et milles malices de pages en pages. Et si j'allais aussi voir le défilé de mode de mes amis qui se prépare. Un étrange défilé, tendre et cabossé. Et si j'allais à mon tour marcher dans la campagne, faire le tour des libraires. Et si je retrouvai ce doux goût de l'aimer être. Et si j'allais voir de gracieuses danseuses multicolores prenant à l'envi leurs poses. Et si j'attendais la venue d'un bébé dans un blog ami. Et si je lisais la peine. Et si je lisais la joie.
Un jour de travail encore et un vendredi noir où il faudra porter en terre un ami trop jeune, voir une femme trop triste et des enfants trop tôt laissés. Je leur dirais que j'aimais ce grand corps un peu courbé, ces plaisanteries attendues, ce gros rire secoué. Mais heureusement, ELLE, reste là, cachée derrière tout ce malheur, la vie qui n'attend que nous et qu'eux pour reprendre sa place et redonner la force.
Alors j'ai pris un peu de temps. Alors j'ai les doigts un peu gourds. Alors je suis content que vous soyez là et que je puisse vous le dire.
Alors je vous souhaite une bonne nuit, un bon demain, une bonne vie.