Il pleut....
Ce pourraIt être triste que ce ciel gris, un matin de juillet. Ce pourrait être triste dans la peine d'apprendre que, loin d'ici , un ami est en train de se préparer à changer de monde, à passer de celui-ci à un autre, inconnu.
Ce pourrait être triste s'il n'y avait pas eu ce week-end, cette famille rassemblée pour quelques heures autour d'un homme heureux pour son anniversaire. Ce pourrait être triste si cette mariée n'avait été si belle et si le ciel avait, ce jour été ,comme celui de matin : gris. Mais la mariée était belle, l'homme avait dans les yeux les promesses du bonheur et de la générosité. Et ces amis de bric et de broc, connus sur les trottoirs de la trop grande ville, ces amis de misère, comme égarés dans ce lieu de prospérité. Le pauvre qui donne au riche tout le secret de sa richesse.
Ce pourrait être triste s'il n'y avait pas eux, comme en catimini , les amis revenus le dimanche soir trop "dimanche soir" pour fêter ensemble en secret cet anniversaire. Ce pourrait être triste si , au réveil d'une nuit trop courte, n'avait succédé que le travail.
Ce pourrait être triste si l'enfant absent n'avait été qu'absent mais il avait aussi laissé sa trace : un texte plein d'amour, de délicatesse et de talent.
Ce pourrait être triste si dans l'ombre et dans la discrétion, l'âme de la maison, le cœur de la famille, n'avait sagement tissé cette toile de délicatesses.
Ce pourrait être triste si un petit ange blond n'était pas venu ce matin , comme dans un rêve , se réfugier sur le cœur de l'homme pour un biberon rapidement pris avant de retourner dans le monde du sommeil.
Ce pourrait être triste si quelque part , la-haut, dans le ciel, un Être merveilleux qui nous veut du bien ne voulait que l'on tissât a notre tour une histoire très douce, pleine de petites histoires d'amour, et de grandes aussi. Bien sûr il nous surprend parfois dans son art des mélanges. Bien sur nous allons même jusqu'à douter de lui.
Tiens ! La pluie cesse comme pour donner un écho à mon texte. Je vais aller revêtir mon vêtement de labeur, charger mes outils, me préparer aussi le corps et le cœur à la joie du travail reçu et du travail à faire. Laisser la maison endormie, endormis aussi ces âmes et ces corps qui ont avec moi ce doux lien de l'amour.
Et puis partir, et puis travailler. Et puis revenir dans la douceur de l'amour et du repos renouvelé.
Ce matin j'ai soixante ans et trois jours, une femme, quatre enfants, un gendre et deux petites filles, une maison aux murs de pierre dans une pays de rêve. Ce matin je viens d'une famille et avec Elle j'en ai bâti une autre. Ce matin j'ai de nombreux amis, anciens et nouveaux, connus et inconnus, des gens qui me veulent du bien. Ce matin j'ai du travail et je peux donner à mes bras un chemin de labeur.
Ce matin je suis heureux et je voudrais que tout le monde le soit au moins au même niveau....même les méchants, même les imbéciles .
Ce matin il faut que j'apprenne à quitter cette machine magique que j'ai reçue en cadeau pour mieux écrire, et pour mieux lire dans ce monde d'Internet qui me permet d'ecrire.
Bonne journée, mes amis.