L'auteur(e),
Curieuse histoire que ce passage entre le monde des blogs et le monde incarné.
Il s'était préparé avec soin. Il avait pris une pause dans une journée chaude de l'été, trop chaude pour travailler dans une petite pièce et ajouter la chaleur de la lumière électrique aux 36 degrés que déclarait le thermomètre.
Il allait rencontrer un auteur, ou plutôt une auteure. Quelqu'un qui avait son nom écrit en grosses lettres en haut d'une page de couverture. Un vrai passage des écrits des blogs à celui de l'édition.
Il y avait eu une préparation, des échanges de mails. On s'était entendu sur un endroit : un petit village, pas trop loin de l'autoroute, une petite place d'un petit village de Provence, à l'heure du repas, quand le soleil est au plus haut de sa course.
A l'heure de la pause de midi, l'homme avait quitté ses ses vêtements de travail et s'était preparé. Il serait à l'heure. Il ne ferait pas attendre. Il connaissait le visage aperçu sur un site. Il la reconnu tout de suite Une grande et belle femme. L'image déjà n'avait pas menti. Le livre est là,qui sera le témoin de la rencontre et un gentil cadeau prennent aussi leur place.
Des présentations, un peu d'émotion , un petit restaurant rapidement trouvé, et on commence à s'entre-connaître, à se reconnaître, à voir si la réalité correspond bien aux écrits des blogs. On n'est pas déçu. On utilise tout le temps de cette trop courte pause pour se connaître mieux et surtout échanger sur ce beau monde de l'écriture. On parle de ces amis les mots. De leur attrait. De leurs attraits. De la façon de les accomoder. Comme le feraient deux cuisiniers trop peu jaloux de leurs secrets. On s'échange des bouts de ses histoires, des bribes de passé. Et s'enfonce en soi l'idée que le blog n'a pas menti, qe les mots étaient vrais.
Une rencontre dans un train, sur un quai de gare. Le temps passe, la timidité s'efface. Lorsqu'on se quitte trop peu de temps plus tard, on a l'impression d'avoir retrouvé un très ancien ami, une vieille connaissance. On n'est pas déçu. On a l'impression que le temps n'a pas là sa place.
On parle aussi, de livre, de livres, du livre. Et du besoin d'écrire et de ce besoin de partager ses mots. C'est par une dédicace, gentiment formulée, comme un billet pour soi tout seul, qu'on terminera le repas . Et sonne la fin du moment. avant que le carosse ne se transforme en citrouille. On n'a pas eu le temps d'un tour de ce village, ni même celui de voir les gens qui nous entourent : un très riche moment ou rien ne s'est perdu
On se sépare, contents, un peu déçus du temps trop court. On est maintenant dans le temps des amis. On se tutoie. on s'embrasse. On reprend le court de sa vie. Déjà le travail attend. Il reprend ses droits. Il a ses exigences. Et la vraie vie les siennes. Juste un passage. Juste un petit dessin dans un coin de blog qui veut rester monochrome et qui veut laisser aux mots le vrai pouvoir de l'imagination.
On est allé se promener de l'autre côté des blogs : une étrange aventure, un grand bien.
On est de nouveau de l'autre côté de l'écran. C'est l'imagination qui reprend ses droits. Ce sont les mots, aussi, qui veulent à nouveau leur pleins pouvoirs.
Ami, nouveau Gulliver, qui veut te promener de monde en monde, sache que ,si c'est un doux moment, ce peut être parfois un cruel exercice.
Amis qui me faites le bonheur de me lire, à qui je ne reponds jamais , par manque de temps...et peut-être d'imagination, sachez que tous vos mots, écrits ou simplement pensés sont pour moi un vrai bonheur et j'ai envie en ce jour de vous en remercier.