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et pourquoi ne pas le dire ?
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25 novembre 2012

Un dimanche soir d'automne

C'est un dimanche soir d'automne. Il pleut. La nuit est déjà là. Ce matin on a ramassé les dernières feuilles des arbres du jardin. Ils ont pris leur allure d'hiver, des grands squelettes nus. Le brouillard ce matin ne voulait pas monter les contreforts du Ventoux. Il s'obstinait à rester au sol. Lorsque sonna midi, il était encore là. Vite allumé, un des premiers feux dans la maison un peu humide. Un déjeuner rapide.Puis laisser venir doucement le sommeil. On se réveille. on prend un livre : des nouvelles de Maupassant. Un régal. Des images qui défilent. Des mots magiques. Des phrases délicieuses.

On reparle d'hier. De cette grasse matinée qui m'avait surpris. De ce réveil à 10 heures. De ce matin passé à traîner sans but à se demander si tout à coup la maladie n'avait pas frappé : j'étais peut-être devenu paresseux ! Mais très vite le travail qui appelle. Le jardin qu'on nettoie, qu'on dégage d'un désordre de plus de deux semaines mêlé aux feuilles. Très vite l'envie qui revient de faire la maison belle. Les projets qui se construisent.

Le soir, un dîner délicieux chez des couples d'amis plus âgés qui se connaissent depuis plus de cinquante ans et qui tout à coup se retrouvent voisins et chacun d'eux amis de nous par un étrange hasard. On rit. On dîne de façon délicieuse. On boit de bons vins. On rit encore un peu plus fort. On a du mal à repartir. On se couche un peu migraineux. On a surtout été spectateurs. On a entendu défiler des noms, des lieux, des morts même qu'on ne connaissait pas. On se réveille. On lit. On écrit.On commente. on comprend. Puis on repart ajouter une heure ou deux au sommeil.

C'aurait pu être un week-end sombre, deux jours de mélancolie dans une maison trop vide. Ce furent deux jours de repos joyeux qui donnent envie lundi de travailler de bonne volonté et avec courage pour une semaine qui s'annonce fatiguante.

Il reste encore une longue soirée à regarder danser les flammes d'un feu qui va s'éteindre, à digérer doucement le temps.

Et on voudrait qu'on ne soit pas heureux. Quelle erreur et quelle injure au temps.

Je vous souhaite, amis lecteurs, une douce et belle semaine dans un temps qui tarde à se rafraîchir et qui nous fait gagner du temps sur l'hiver. Un clin d'oeil. Un bonheur à consommer sans modération.

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Commentaires
Z
Maupassant, c'est une idée ça .. Comme vos week-end ressemblent aux miens ! Sans la chaleur de l'âtre et avec les bruits des enfants ...<br /> <br /> Amitiés
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C
"Il reste encore une longue soirée à regarder danser les flammes d'un feu qui va s'éteindre, à digérer doucement le temps."<br /> <br /> Tout est résumé dans cette belle phrase, un hymne à la saveur des minutes qui s'égrènent comme les gouttes de pluie au bout des feuilles du printemps.<br /> <br /> Un billet du bout de la nuit serti de vos mots, Jacques, les plus beaux qui soient pour écrire le bonheur simple. L'encre sertie d'étoiles.
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M
Que je suis heureuse de découvrir ce blog, ces mots qui virevoltent légers et profonds! Sans y prendre garde, on se laisse aller en les lisant à une mélancolie douce, pas triste non, juste empreinte d'une certaine quiétude bienfaisante. Je me permettrai de revenir ici, comme on vient se réchauffer devant un bon feu de cheminée accueillant. On m'y invite ?
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C
Justement, parce qu'il y a du noir, de la solitude et de la peine, ramasser à pleines brassées des bonheurs-là, si simples qu'on pourrait ne pas les voir.
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H
Ce soir, j'écoutais France Inter, et il y avait vraiment de quoi être triste et désolé , impuissant à l'écoute de ces nouvelles de ces témoignages. Et il pleut encore. Mais pourtant le bonheur est possible, c'est vrai.
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et pourquoi ne pas le dire ?
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