Automne
Vite un billet rapidement jeté sur le clavier, à l'heure où les matins deviennent plus frais et où la chaleur du jour ne suffit plus à la nuit. Le bois est rentré. Le jardin est propre. On se lève plus tard comme le jour qui attend de revenir à son heure d'hiver. Pas de rentrée scolaire cette année. Juste regarder celles des autres. La piscine ne se remplit plus des cris et des jeux d'enfants. A l'autre bout du monde, un médecin s'installe dans un nouveau métier et nous fait le bonheur de nous le raconter. A mi-chemin cinq nouveaux chinois découvrent leur nouveau royaume : deux petites princesses et un gentil chevalier, avec leur parents s'installent à la porte du royaume du pays du soleil levant pour de nouvelles aventures. Plus près de nous, notre ingénieur continue de découvrir ce qui sera peut-être demain son métier. Dans un pays de pluie où chaque rayon de soleil est dégusté à l'instant comme une grâce par des gens qui semblent rudes mais qui révèlent des trésors de gentillesse. Encore plus près une jolie petite dame se prépare et s'apprête à ce qui sera peut être un nouveau métier et sûrement un changement d'axe de travail et de vie.
Deux parents (et grands parents) se réjouissent doucement du bonheur des leurs tout en prenant grand soin de construire à deux pour des années encore quelque chose qu'ils veulent faire solide et plein, dans l'accompagnement affectueux des leurs et leur propre devenir. Il faut encore travailler encore et encore pour mettre en place le décor de cette pièce de théâtre humain qui se vit et continue de se construire. Et si le vent plus frais rend le réveil un peu plus difficile, et si l'approche de l'hiver donne envie de se blinder et de vivre au ralenti, on ira ce soir encore cueillir les dernières figues. On accueillera avec plaisir l'ami en pèlerinage.
Auojurd'hui c'est le temps de reprendre un rythme de travail plus compatible avec le temps. C'est le temps de remettre en route une machine un peu déréglée par un bel été chaud. C'est le temps de vivre. Reprendre aussi le temps de lire et d'écrire un peu.
Il va falloir maintenant composer avec ces destinations de bout de monde pour se retrouver "en vrai" en "chair et en os", pour se rassembler en famille. On se réjouit de ces machines magique qui nous rapprochent l'image au-delà des mers tout en leur gardant sur les écrans un côté un peu étrange et décalé. Un vrai bonheur qui repousse plus loin le temps du repos et de la vieillesse même si le corps renacle un peu et si l'ennui vient parfois s'installer dans le travail.
Heureusement c'est aussi le temps des amis qu'on retrouve, qui s'installent aussi dans cette période d'attente. La grosse pluie de samedi nous a rappelé que le ciel pouvait oublier d'être clair et clément. Dehors, dans son beau pays, des incapables s'agitent et cachent leur médiocrité derrière des bruits de bottes. Ils se sentent forts et croient que nos combats d'hier sont perdus. Ils en rajoutent. Ils triomphent. Ils savent qu'il faut qu'ils agissent vite et que lorsqu'on fera les comptes on s'aperçevra que tous les chiffres qu'ils ont brandis étaient mensonges et supercheries.
Le petit homme en rose, dans le secret de son cabinet, cherchera les mots pour appuyer ceux de ses amis, plus courageux, ou simplement plus jeunes, qui luttent dans le silence pour conserver à leur pays sa vraie grandeur. Il seront courageux. Ils seront même parfois imprudents. Toujours ils resteront calmes et joyeux, animés d'un très grand goût de paix."Sans haine, sans mépris, sans peur" L'homme entend à nouveaux les sarcasmes imbéciles et inutiles de ceux qui lui disent que "c'est comme ça. Qu'il faut vivre avec son temps. Qu'il faut s'incliner." Ces mots, il les entends depuis des années. Ils ne sont pas nouveaux. Depuis les éclats de voix de ces soixante-huitards devenus ces bons gros politiciens bourgeois, cumulards et incapables à force de bassesses. Il ne se soucie pas d'eux. Il plaint ceux qui croient encore à ces philosophies de pacotille et leur demande de ne pas s'attarder chez lui, de passer leur chemin. On ne vient pas chez lui autrement qu'en ami. Alors les mots sont doux et la parole est libre et on échange des idées qui peuvent être différentes. On est le bienvenu. Autrement on passe son chemin .
Le billet est écrit. C'est maintenant le temps du travail, de l'effort, de la peine et de la joie de l'ouvrage accompli.
Ami, loin de moi, que tu me lises ou que tu l'ignores sache qu'aujourd'hui dans le moment où le travail permet un peu à l'esprit le vagabondage, tu viendras peut-être te poser dans un coin de ses pensées. Tu te transformeras alors en souvenir, en sourire, parfois en prière...mais tu auras été présent quelque part dans les pensées d'un autre. C'est tout le sens sens du mot ami.