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et pourquoi ne pas le dire ?
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3 décembre 2013

Tu gagneras ton pain...

Travail : Quitter le feu qui brûle de ses plus belles flammes. Quitter le lit réchauffé par la nuit. Quitter aussi, peut-être surtout, Celle qu'on aime. Sentir se réveiller les rappels un peu durs du travail passé. Les membres engourdis, les petites misères. Se dire qu'on a de la chance que le travail soit là, même s'il est difficile. Préparer le repas que l'on emportera et qui sera la pause, la trop courte pause. Rassembler les quelques outils qui ont manqué hier. Se vêtir de ces vêtements un peu étranges qu'on porte maintenant depuis quelques années : une salopette, des tee-shirts, de lourdes chaussures de chantier, le vieux pull usé qui a trouvé une nouvelle vie. Se dire qu'on aura tout le temps d'un long voyage d'approche pour réflechir au comment on s'organisera. On  partira dans le froid. On enlèvera le givre sur les vitres de l'auto. Déjà les membres se réchaufferont et nous feront comprendre qu'ils seront prêts à l'heure où on aura besoin d'eux. Là, il n'y a plus de possibilité de triche. Le travail sera ou ne sera pas. On ne pourra pas dire, justifier, expliquer, prétendre. Le pain sera donné à la sueur du front. Sueur qui tardera à venir tant il fait froid dehors. On se fait plaisir. On retarde l'heure du départ en écrivant quelques mots sur le clavier. Le rendez vous est fixé. Le repas est prêt. On a encore un peu de temps. On ne veut pas la réveiller. On déposera juste un baiser en partant. Chacun vivra alors au ryhme de sa peine et à l'idée de se retrouver. Et le temps sera long qui nous sépare. Et le temps sera long aussi si l'ouvrage est pénible. Et le temps sera trop court quand viendra le soir et qu'il faudra faire le bilan de la journée. Là, il n'est pas question de différer, de se faire croire, d'apporter du travail chez soi. 

Car mon ami, ce matin, il faut que je te le confie : je n'ai pas envie...mais vraiment pas envie d'aller travailler. Il faudra que j'invoque la douce farandole des gens que j'aime que je les fasse danser devant mes yeux, que j'aille voir les petits films que j'ai des moments doux des plus petits, des princesses et du petit chevalier. Mais tous les autres viendront aussi m'aider, les vivants, les proches, les morts aussi qui revivront ainsi de précieuses secondes, les amis loin, les malades...les gentils, les râvis, les santons...et même certains méchants qui me feront maintenant rire de la vanité de leurs actions et de leur impuissance à remplacer le bien par le mal. Les maladroits me feront sourire de leurs maladresses et les adroits me feront rêver de leurs prouesses dans que je ne puisse en aucune façon décider de ceux que j'envie le plus.

Hier a été un jour, avec du doux, avec du rire, avec du rugueux parfois. Hier a été un jour et je l'ai aimé comme tous les jours. Je me régale d'hier. Je me reproche toujours de ne l'avoir pas vécu à hauteur de ses grâces. Aujourd'hui sera doux comme hier. Peut-être encore un peu plus. Allez mon vieux Jacques. C'est maintenant l'heure. Il te faut partir.

"Mais je n'ai pas le temps de relire !". "Tant pis. Ton lecteur est ton ami...puisqu'il est ton lecteur. Il saura te pardonner".

Alors ami lecteur je te demande pardon de ce texte en vrac. De ce texte qui vient du coeur. Un matin froid de décembre où je dois partir et où l'envie me manque et où la raison seule saura me décider.

Bonne journée à toi. Courage à nous deux.

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Commentaires
P
Je ne sais comment vous donner du courage, ce travail vous épuise, physiquement et moralement, la seule chose que je puisse faire est de vous dire que je pense à vous.
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M
Si le soleil éclair votre ciel le temps ne sera peut être pas si long malgré le froid et ce soir vous retrouverez votre doux foyer et cette journée sera déjà loin ...<br /> <br /> Je vous souhaite une bonne et douce soirée car c'est à ce moment que vous pourrez lire ces quelques mots , à bientôt cher Jacques :-)
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et pourquoi ne pas le dire ?
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