Merci, madame la Providence
Elle , Madame la Providence, avait décidé une fois de plus de répondre "présent" à sa demande, à son appel. Bien sûr que ce ne fut pas sous la forme d'un ticket gagnant de loterie. Tant mieux ! Il eut été trop ennuyé à gérer le trop, le superflu, les millions inutiles. Une fois de plus pour lui l'occasion de mesurer la force de cette amie invisible. On ne doit jamais dans ce cas révéler la cause seconde, le bon intermédiaire. Il avait fallu qu'il choisisse entre plusieurs et celui retenu avait dit "oui" tout de suite. Maintenant il était assuré, le prêt qui lui permettrait de passer le cap. Il allait donc pouvoir bientôt mettre en oeuvre ce voyage au bout de monde. Ils allaient rejoindre au plus vite les deux princesses, le petit chevalier et leurs parents dans leur grande ville moderne aux portes de ce pays qui reste mystérieux qu'est la Chine. Ainsi le temps qui reste à courir deviendrait plus léger. Les jours qui viennent on oubliera la pluie et le froid et la peine. On ne pensera plus qu'au chantier fini, à la maisonnette qui se dessine, au plaisir de faire. Il y a eu ces clins d'oeil, ces appels, ces secrets, ces possibles et le plaisir d'annoncer une bonne nouvelle. Tant mieux, il est vraiment trop pénible le temps de l'incertitude.
Il y a eu aussi cette rencontre organisée avec quelques voisins. On apprend à mieux se connaître. Et puis il y a aussi ce changement qui est en train de s'opérer peu à peu. Il sent qu'il est dans une période de transition dont il ne sait pas la durée mais il sait qu'il touche à une nouvelle étape de sa vie. Une vie qui n'a pas été chiche de changements, de retournements, d'occasion d'écrire de nouvelles pages.
Aujourd'hui il pleut sur sa Provence. Et ce pays n'aime pas cette pluie monotone. Il est fait pour les grosses et courtes averses. Le soir se couche sur un village déserté. Mais il y a , Dieu merci, et la cheminée et le feu qui l'habite. Et le bon livre ouvert et le chien et le chat qui hibernent en silence. Et le repas qui se prépare. Et dimanche midi et le repas chez leurs amis. Il aurait aimé être Dimanche à Paris marcher avec ses amis pour ce combat pour la vie qui prend forme et qui révèle des forces et une patience inattendue. Il ne le pourra pas. Il le fera plus tard, une autre fois. Il les aidera des mots de son ami "le petit homme en rose". Ce soir tombe doucement. Il n'a rien fait de ce qu'il voulait faire mais il ne maudit pas le temps. On ne peut à la fois maudire le temps de ses caprices et remercier la Providence de ses bontés. En quelques heures il est passé de la sensation de glisser sur une plaque de verglas, sans contrôle, à celle de patiner sur un étang pour le plaisir seul de glisser. Le monde est ainsi fait. Il a trouvé un peu de temps pour vagabonder chez ses amis. Il a trouvé sa place. Il a mis ça et là quelques courts messages.
Qui peut gérer le temps ? Qui peut savoir demain ? Personne parmi les hommes mais en ces jours qui s'éclairent il a l'impression très douce de participer au mystère.
Voilà mon ami, un court récit, un moment partagé juste pour le plaisir. Je te souhaite un bon Dimanche.