Et qu'as tu vu à Hong Kong ?
J'ai vu d'abord les longs couloirs luxueux d'un aéroport. Et puis surgissant de nulle part, une jolie dame blonde et deux petites princesses accourir pour nous embrasser. Et puis un court passage dans un métro peuplé de ces gens d'Asie qui portent sur leur visage une indicible part de mystère. Et nous avons marché, de couloir en couloirs et de couloirs en escaliers. Car cette ville toute moderne est en trois dimensions. De longues passerelles et des souterrains profonds permettent aux piétons et aux voitures de se croiser le moins possible. Ainsi la ville qui marche ignore très souvent la ville qui roule. Je suis monté ensuite au 32 ème étage d'une tour qui en compte au moins le double. Et du haut de ce promontoire on voit la mer et une partie du port aux grands porte-containers qui alimentent en produits de toute sorte cette Babylone du commerce. Partout du monde et encore du monde, qui travaillent, qui nettoient, qui rangent, qui poussent parfois de gros chariots surchargés dans une île toute en montées et descentes mais heureusement aussi dans le reste de la ville tout en terrain plat gagné sur la mer. J'ai vu des marchés de poissons, de fleurs, d'oiseaux, de légumes, de fruits et encore de fleurs. J'ai poussé dans les rues des petits enfants tendres. J'ai porté sur mon dos d'autres petits enfants dont la tête parfois dodelinait de sommeil. J'ai vu des temples aux dieux barbus où brûlent des bâtons d'encens aux couleurs entêtantes où l'accueil est simple et où le passant entre sans crainte. J'ai pris le thé, offert par ma grande fille dans un hôtel- palais sous les ors et les stucs du plafond,, au son d'un orchestre, comme un vieil anglais de l'époque coloniale. Les Rolls royce vertes sur le perron attendaient les riches clients pour leurs promenades. J'ai vu le dragon du nouvel an chinois parcourir la ville dans un joyeux tintamarre. J'ai vu d'autres dragons, plus petits, venir chasser je ne sais quels esprits des magasins de luxe d'un centre commercial. J'ai acheté le pain, le vin et les croissants français dans les couloirs du même centre commercial, ville, métro, espace où nous vivons souvent sans la lumière du jour. J'ai vu quelques rares toits en forme de pagode perdu dans les gratte- ciels. J'ai misé de l'argent aux courses sur un cheval qui a gagné un peu d'argent dans un immenses hippodrome peuplé de chinois de tous âges et de beaucoup d'expatriés , jeunes pour la plupart, qui font là l'apprentissage de vivre loin de chez eux. J'ai vu d'autres expatriés philippins, et philippines surtout, qui vivent ici loin de leur famille pour gagner l'argent qui leur permettra de les faire vivre. Je les ai vu nombreux dans la grande église ou de grands écrans relaient en anglais les textes du jours et les chants. Je suis monté dans de beaux taxis rouges et bon marché où il faut montrer le nom écrit en chinois de l'endroit où on veut aller. J'ai compris qu'il était faux de dire que dans cette ville tout le monde parlait anglais. J'ai eu des coups de cafard à l'idée qu'il faudrait à la fin se séparer. Et puis je me suis repris car c'est ainsi la vie : le temps joue avec nos cœurs un étrange cache-cache. J'ai marché parmi les singes en liberté. J'ai fait la connaissance d'auntie Beth, la nouvelle "tante" philippine qui aide mes petits enfants à grandir en paix. J'ai dormi dans le lit de mes enfants car leur appartement est petit et qu'ils avaient choisi de nous offrir leur confort.
J'ai fait mille autres choses encore dont je te parlerai plus tard car maintenant ici c'est le matin et je dois te quitter.
Bonne journée.