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et pourquoi ne pas le dire ?
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28 mars 2015

Où il est question ....

....de charmants petits aéroports, d'un kermesse kanake, de touristes australiens et d'un étrange  cultivateur de vanille...

Prendre l'avion pour Lifou me ramène en arrière, assez longtemps en arrière. On part de Magenta, petit aéroport de Nouméa pour les courtes destination. Un aéroport où on trouve des places pour se garer même  plusieurs jours. Un aéroport sans lourdes formalités d'embarquement. Il y a un peu de monde dans le hall ou des ventilateurs diffusent un air encore très chaud.  Des familles attendent  le retour de leurs enfants d'une colonie de vacances. Ils arrivent en chantant.  Elles s'agrègent et se recomposent dans un élan joyeux. Beaucoup d'îliens sont là aussi avec de grosses glacières vides qui reviendront pleines de poissons. Tout le monde semble très gai et pourtant tout le monde vit mal cette vague de très grosse chaleur. On craint de la pluie et de violents orages sur l'île mais nous avons fait le pari de nous y rendre malgré la menace. Notre fils a pris les billets à l'avance et c'était maintenant...ou jamais. 
Un petit avion à hélice nous transporte. On survole l'île qui nous parait bien vide de maison. Beaucoup de vert. Tout autour une eau d'une belle couleur. Les deux stewards ont l'air de connaître tout le monde. 
Même ambiance décontractée à l'arrivée. Une joyeuse panique : "t' casse pas la tête." Est un dicton qu'on comprend bien sur l'île. Une petite auto de location nous attend. Et nous partons pour quatre jours de découverte. 
C'est l'heure de déjeuner. A quelques pas de l'aéroport une kermesse se fait entendre. On y déjeunera de langoustes dans une belle ambiance de fête de village. Une grande majorité de kanaks. On nous accueille. Un grand feu de bois derrière lequel s'agitent une armée de cuisinières.
Un loto avec une population composée surtout de vieille dames. On ne gagnera rien sauf un moment de bonheur presque familial. Puis un match de football. Et on partira dormir "en tribu" chez Benoit. Toutes les distances sont courtes sur cette île. 
les îles de Calédonie  ont en commun que rien n'y semble hostile, ni la faune, ni la flore, ni les habitants. Alors que parfois sous les mêmes latitudes on redoute la jungle et ses pièges, les animaux vénéneux ou sauvages, l'agressivité des habitants, ici rien de tout ça, une impression peut-être trop naïve que rien ne peut arriver de désagréable.
Et puis il y a Joseph : arrivés à l'endroit, une affluence de monde sur la plage et autour du gite. Je vois un monument : c'est que débarquèrent les premiers missionnaires. Est-ce la raison de cette présence ? Non, dans la crique un débarcadère a permis le débarquement d'un paquebot de touristes australiens. Chacun est accouru pour profiter de cette manne et tous les petits commerces d'opportunités se sont mis en œuvre. On décide donc d'attendre leur départ et on part visiter une plantation de vanille. 
On trouve la maison. Personne. On entre. On parcourt le jardin. On aperçoit deux jeunes hommes qui nous affirment qu'on est bien dans les heures d'ouverture et que le propriétaire et guide ne doit pas être loin.  On attend. Apparaît un homme qui semble sortir du sommeil. " je m'appelle Joseph. Je ne vous avais pas entendus. Je dormais. Patientez un quart d'heure et j'arrive." À son retour il nous remercie de notre patience et nous guide dans son exploitation. Une visite très intéressante. Un cours de "sciences naturelles". Chaque arbre est l'objet d'une découverte sur un ton charmant de questions-réponses et de récompenses comme si nous étions des enfants. On se prend au jeu et notre hôte nous fait partager ses connaissances qui font partie de son patrimoine et qu'il diffuse sans calcul ni arrière-pensée. Dans le même temps, il nous raconte le pourquoi de son retard. La chaleur qui l'a fait coucher tard. Les deux "cochons" sauvages qui se sont pris au piège cette nuit dans son grillage et qui ne parvenaient plus à s'en détacher. Les bruits, les cris, la découverte, la peur et puis l'aubaine. Le gibier qu'on tue, qu'on dépèce  , qu'on prépare. La nuit sans sommeil passée avec ses fils à cette besogne imprévue. Le discours est entrecoupé de rires, de clin d'œil, de silences. On est en quelques minutes passés du vouvoiement des clients au tutoiement des compagnons de chasse. Au passage il cueille quelques autres fruits, des pommes lianes, des gousses de vanilles oubliés. On a appris, on a ri. Un bon maître d'école que ce Joseph qui viendra rejoindre les santons de mon village tant il porte en lui de chaleur humaine.
On revient chez Benoît, un petit chef, qui nous accueille avec bonté et qui nous fait goûter à une cuisine délicieuse, en grande partie fournie par sa pêche. C'est délicieux. La nuit sera difficile à cause de la chaleur. Un groupe de gendarmes sera notre seule compagnie du dîner.
Merci mon ami, d'être encore là. Le prochain récit sera le dernier de ce séjour de rêve de l'autre côté de la terre.
PS  : je continue aussi à faire connaître le beau projet de mes deux filles. Un grand courant de soutiens. De plus en plus de contributeurs. Alors mon ami, si tu ne l'as pas fait encore je t'encourage à vite aller voir ce projet et à y adhérer. Et, si c'est déjà fait,  tu auras coeur comme moi de suivre son développement. 
 
Le lien pour les connaître est  ici : Ulule

 

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