2 juillet 2015
Un dernier jour d'école...
Petit cadeau à madame Célestine...
Dans la petite cour de l'école de M... Il y a longtemps qu'il n'y a plus de marronnier. Trop dangereux. On leur a préféré un macadam austère qui en été prend le chaud. Mais ce n'est pas à ça qu'il pense le petit nouveau. Il pense à cette étrange nouvelle et cette lettre reçue au courrier. " Madame Célestine, directrice de l'école de M... Quittera définitivement cette école, après x..années de bons et loyaux services, elle prendra sa retraite...et bla-bla-bla ..."
Le petit nouveau ne sait pas s'il doit être triste. Après tout il y a bien longtemps qu'il a quitté cette école. Il a fait sa vie, en tous cas une partie. Il a un métier, une famille, et même des souvenirs. Il lui arrive même parfois de raconter des histoires de son enfance...
Il était arrivé, un matin de septembre, d'une autre ville. Il ne connaissait personne. Il était gauche et maladroit, ce qui signifie d'ailleurs la même chose.
Il avait peur des autres qui se connaissaient déjà. Il s'était assis. Personne n'était venu s'asseoir à côté de lui. D'abord l'appel. Les sons ne sortaient plus de sa bouche. Ils avaient ri. La maîtresse avait fait mine de ne pas comprendre. Elle avait commencé son cours. Et tout à coup elle était venu s'asseoir à côté de lui.
" Tu permets ? " avait-elle demandé. Il avait répondu "oui". Les autres étaient étonnés mais vite ils s'étaient appliqués à la leçon. Lui aussi. Il sentait de la maîtresse une odeur douce, il ne savait pas de quoi. Cette présence l'apaisait, lui faisait retrouver ses moyens. Ce n'était pas un élève brillant, ni mauvais, juste ordinaire. Il y eu du calcul, puis une dictée et lorsque la cloche sonna la récréation, il sortit. Et ce fut le miracle, un élève s'approcha de lui, et puis un autre. Puisque la maîtresse l'avait adopté, il était donc des leurs. C'était juste un premier matin.
Sur ces pensées la directrice arriva. Il sut dans son regard qu'elle l'avait reconnu, mais ce qu'il ne pouvait savoir, c'est qu'elle reconnaissait ainsi tous ceux qui étaient là. Chacun d'eux était une histoire.
Alors chère madame Celestine, passez de bonnes et longues vacances qui cette année ne finiront pas. Vous avez bien donné, à votre tour de recevoir.
Et puisqu'il est aujourd'hui permis à un ancien élève de le faire, Madame Celestine, je vous embrasse.
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