28 juillet 2015
Opéra
Petite escapade d'un dimanche soir d'été sur Uzès. Un plaisir imprévu. Au départ, une famille d'amis de notre fille aînée. Le petit groupe de nos deux princesses et du petit chevalier s'est enrichi de trois petites compagnes. La maison se montre au mieux de ses charmes. Dans le jardin on s'active beaucoup autour de la petite cabane et la piscine est le théâtre de nouveaux exploits. " Regardez ! grand-père, je plonge en arrière.". Seul incident, ce matin, un des petits merles fut la victime d'un chat rôdeur. Ils se sont cachés et on n'entend plus leurs chants. Cruauté de la nature.
Le papa est chanteur. Il partira de la maison, d'abord pour une répétition, puis pour un concert le dimanche soir. Nous ne l'avions pas prévu mais il nous offre deux places. J'ai avec la musique un rapport un peu étrange : je ne l'ai pas apprise et j'en écoute assez peu. Mais pendant d'assez nombreuses années, j'ai joint ma voix à celle d'une chorale et j'en ai retiré de vrais bonheurs.
Notre ami est ténor. Un des bergers dans Orphée de Monteverdi. Un beau rôle. Une très belle voix qui se mêle aux autres dans le chœur ou qui chante en solo.
Mais il faut d'abord tracer le décor. La route. On partira tôt. On traverse Avignon qui porte encore les traces du festival qui vient de finir. Une petite route nous amène vers Uzès, ville qu'on connaît trop peu. Il y a encore beaucoup de monde. Nos pas nous mènent dans de charmante petites ruelles bordées de très beaux hôtels particuliers. On repère le château où se jouera le spectacle dans une jolie petite cour fermée. Puis nos pas nous emmènent sur une grande place piétonnière bordée de petits restaurants, anciens marché à blé, entourés de magnifiques hôtels particuliers.
Et puis c'est le spectacle. La grande cour du château que domine un donjon est fermée. Au pied d'une belle façade une estrade est dressée. Sur le côté on voit, éclairés de l'intérieur, les vitraux de la chapelle. L'orchestre est là à l'exception des cuivres qui lui font face de l'autre côté de la cour. Une vingtaine de musiciens peut être, tous élégants. Derrière eux, les chanteurs qui se déplaceront à tour de rôle au devant de la scène suivant le déroulement du récit. Une belle terrasse qui donne sur la cour semble servir de loge aux occupants des lieux. Sur le mur un sous titrage discret nous évite de recourir aux livrets pour suivre l'intrigue. Un beau ciel, une lune qui se cache mal derrière un tout petit nuage, comme pour jouer.
C'est délicieux. Les voix sont belles. L'endroit est suffisamment vaste pour donner à la pièce la dimension qu'elle mérite, suffisamment petit pour qu'on ait l'impression d'assister à une représentation privée.
C'est un moment de pour bonheur. On sort pour attendre notre ami sur la place et le féliciter. On rentrera lentement, très tard, se promettant de retourner très vite passer un peu de temps pour connaître mieux cette jolie ville.
Et le cycle de vacances a repris. Ces amis sont partis tout de suite remplacés par d'autres, une autre famille d'amis. Nos petits enfants retrouvent des amis d'expat. Une autre page des vacances qui s'annonce. Chacun reprend sa place et son rôle dans la maison qui se régale de voir tant de monde passer.
Bonne vacances à toi, ami lecteur, qui prend un de temps pour partager ces lignes.
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