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2 décembre 2015

Crèches - Celles que n'aiment pas deux petits hommes méprisables et la mienne plus modeste mais tellement plus positive

Le petit âne s'avance doucement dans la nuit. Un homme marche à ses côtés, courageux mais fatigué et inquiet. Sa femme porte un enfant. Le terme semble proche et sa femme aurait besoin de trouver un endroit pour se reposer. C'est le tout début d'une histoire qui va transformer le monde.

Comme moi, ami lecteur, tu connais cette histoire, elle fait partie du patrimoine de ton pays. Enfant, tu as comme moi, vu ces crèches un peu partout, dans les magasins, dans les écoles et chrétien ou païen tu te réjouissais de l'approche de cette fête ou les hommes ont, pour un temps au moins, envie d'être meilleurs, de faire du bien à ceux qu'ils aiment et d'oublier un instant ceux qu'ils n'aiment pas.
....Mais...
Plus de deux mille ans après, dans un pays meurtri par des agressions terroristes on aurait pu penser que ceux qui nous gouvernent chercheraient à lutter contre les origines du mal, à le nommer, le définir, trouver des moyens de le combattre.
Du gouvernement on n'attendait rien : on le sait, il est incapable. Chacun attend avec plus ou moins de patience qu'il disparaisse dans le délai le plus court possible. Certains auraient même envie  précipiter le mouvement. 
Mais là, la trahison est plus profonde, plus perfide. L'association des maires de France, recommande de veiller à n'exposer aucune crèche dans les mairies et dans les lieux publics.
C'est à dire qu'au moment où ce pays est au plus mal,  ce qui pourrait sembler l'instance la plus représentative d'un certain bon sens dicté par le souci du quotidien et le bien être des habitants met en garde sur ce danger extrême : ces trois personnages arrêtés dans une étable faute d'avoir trouvé un abri plus digne. 
Quoi de plus dangereux en effet que cette religion d'amour ?
Bien sûr d'aucun peuvent prétendre qu'ils sont manipulés, que les deux petits personnages qui les dirigent les ont manipulé et ont fait entériner cette décision préparée avec soin dans d'obscures officines, d'autres sectes bien plus méprisables.
Ces deux petits messieurs dont le portrait apparaît à la première page de ce document présenté à grand frais: le vade-mecum de la laïcité.  L'un croit être de droite, l'autre pense être de gauche mais chacun d'eux avant tout est un de ces  animaux politiques, qui, de mandat en ministère, de syndicat en assemblée,  a pour principale préoccupation de mener ses propres affaires et de tirer tous les avantages possibles de cette situation privilégiée. Ces deux petits messieurs je les vomis et j'ai honte, de ma petite position de modeste élu, d'une ville ordinaire, de pouvoir être d'une quelconque façon associé à cette démarche.
Alors patiemment, comme je l'ai déjà fait dans ces quelques pages, ma crèche à moi je vais l'écrire, avec mes petits mots, et ces petits santons qui vivent autour de moi. Ils viendront entourer d'abord ces trois personnages et peu à peu d'autres viendront s'ajouter à l'histoire, et toi lecteur, si tu me fais l'honneur de le lire un peu plus souvent, tu verras s'agrandir cette petite scène.
Tu me connais, ami lecteur, tu voudras bien pardonner ma colère précédente et suivre avec moi cette belle histoire d'amour qui rassemble les hommes. 
Je te souhaite une bonne nuit.
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A
Je suis, je pense, un peu plus âgée que vous, Jacques. Etant enfant, étudiante, jeune adulte, je n'ai jamais vu aucune crèche dans une mairie, un hall de gare ou un espace public. J'ai vécu en Normandie, en Lorraine, à Paris, en Franche-Comté à ces époques. Il y avait une crèche dans mon école catholique et celle de mes frères bien sûr. Et dans chaque église. De très belles crèches, que les familles, même non-croyantes, venaient voir. C'était une époque où les églises étaient ouvertes, avec du passage en permanence, ce qui n'est plus le cas, malheureusement.<br /> <br /> Dans les espaces publics, il y avait, et il y a encore, des sapins, superbes eux aussi.<br /> <br /> Il me semble qu'une crèche n'a rien à faire dans un espace public, et a beaucoup à faire dans les églises, dans nos maisons, dans tous les lieux privés où elle signifie quelque chose. Pousser la porte de l'église, s'habituer à la demi obscurité, au silence, découvrir cette crèche, oser la rencontre. Isoler justement cette histoire de la Nativité, de la fête commerciale ambiante, ne pas tout mélanger.<br /> <br /> La Provence a, je le comprends tout à fait, un statut à part. Les fabriques de santons, la tradition des crèches exceptionnelles en font un élément de patrimoine. Mais en Provence également, les crèches étaient traditionnellement installées dans les églises, pas dans les mairies, il me semble !<br /> <br /> Si nous sommes croyants, osons emmener nos enfants, nos amis, dans ces lieux où le recueillement est possible, et où la crèche a du sens. C'est ce qui est important pour moi aujourd'hui. <br /> <br /> Je vous souhaite, Jacques, un bel Avent.
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