3 janvier 2016
Lendemains de fêtes
.... il y a aussi le temps des lendemains de fête, de réveils qu'on entend trop tard, de levers difficiles, de cerveaux embrumés et d'estomacs rebelles.
Le temps maussade semble venir à point. On se pelotonne. On se recroqueville. On s'allonge mollement sur le canapé du salon. On s'endort un instant : court, long ? On ne veut pas le savoir. On se réveille parce que le feu est retombé pendant son sommeil. On se lève avec peine. On a froid dehors et les bûches semble lourdes. On recharge le feu. "Et si on sortait ? ". Quelques kilomètres. Une petite chapelle de crèche. C'est le cas de le dire. Une des plus belles crèches de Provence, ce qui veut dire...du monde. Un paysage joliment reconstitué. De beaux santons automates ou immobiles qui depuis plus de cent ans répètent inlassablement les gestes du travail au village : le meunier, le boulanger, le ravi, la lavandière..... J'aimerais les dénombrer quand, à côté de moi, j'entends la voix d'un grand-père qui raconte à ses deux petites filles avec une belle voix de pastorale ce que fais chacun d'eux, leur vie quotidienne. Je me tais. Discrètement je les écoute. J'entends chanter ses mots, ses phrases. Je savoure.
Je sors de La Chapelle qui contient cette crèche. Je regarde le reste de la petite église. Les belles statues d'or qui se détachent sur les murs de chaux. Le carrelage vieilli, les bancs de bois, la petite lampe rouge de l'autel.
Dehors la nuit a pris sa place. Une envie de thé, un peu plus loin, dans cette belle ville de l'Isle-sur-sorgue, un peu plus grande que mon village, une sorte de sœur aînée. Là, un pâtissier-salon de thé un peu branché, un peu pour... parisiens...mais tellement réussi. Un mobilier joliment hétéroclite. De beaux objets de décoration. Un thé, un jus de fruit, une énorme meringue partagée, un peu d'eau. C'est déjà l'heure de la fermeture.
Rentrés. Le feu dure assez pour le ranimer. Un vieux whisky sans âge qui va venir à point pour réchauffer le corps et l'âme.
On a fêté les rois. Mais au pays des rois mages trois petits enfants délicieux se rappellent à mon souvenir par un beau message de voeux.
Demain on reprend un rythme, le rythme, du travail, de la mairie, des travaux, de la vie.
On mangera peu. On traînera. Quatre livres ouverts. On se couchera tôt. Disons qu'on le croit encore.
Deux enfants bloqués par la neige en Turquie visitent un pays qu'ils n'avaient pas prévu. Un autre reviendra bientôt d'Afrique, et mes trois petits rois mages ( et leurs parents)qui me manquent.
Bonne soirée...
C'est si doux de vivre.....
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