Ils sont là. Ils règnent sur notre petit pays. Ils gèrent soigneusement leurs petits avantages, leurs petites carrières, leurs petits profits. Ils rayonnent sur les ondes. On ne voit qu'eux. On n'entend qu'eux. Ils sont politiquement corrects. Ils disent le droit, la loi et la morale. Ils sont les rois d'un pays qui se meurt. Ils sont les animateurs de ces gamins qui courent devant des CRS, bravant des dangers qui n'existent pas mais qui servent à faire croire qu'il y a encore une vie politique. Et ces gamins, petits bourgeois sans idéaux, répètent de leurs maitres ce qu'ils ont appris et propagent ce vide d'idéal. Ils détruisent sans vergogne mais sans entrain le monde que j'aime, un monde où on aime la vie qui nait, la vie qui étudie, la vie qui fabrique, la vie qui s'organise en famille, la vie qui vieillit, la vie qui veille, la vie qui meurt dans la chaleur de ceux qu'ils aiment.
Ils sont le monde. Ils sont notre monde. Ils sont un monde que je vomis.
Ils sont les voleurs d'âmes.
Heureusement, par le petit trou de mon écran magique je vois l'autre côté du miroir :
Des enfants qui naissent, qui étudient, qui jouent, qui chantent, qui souffrent, qui étudient encore, qui "cent fois sur le métier remettent leur ouvrage", qui gagnent leur pain quotidien, qui triomphent d'études difficiles, qui font des meubles, qui combattent pour leur pays, qui font des maisons, des objets, des entreprises, qui s'aiment, qui se marient, qui portent en eux la vie, qui l'acceptent même avec ses désordres, ses petits cœurs meurtris et malades, ses handicaps et ses sourires, qui prient dans le silence de leur beaux monastères, qui veillent à rendre leur monde plus sain, plus pur, plus droit, plus propre.
Et c'est ce monde que je choisis, que je veux embrasser, que je veux écrire.
Ils sont les bonheurs d'âmes.
Alors, ami lecteur, comme le soleil en train de se lever ce matin à ma fenêtre, je t'invite à aimer ce monde et à vouloir avec moi le faire connaître.