6 avril 2016
Chère madame Merlette, cher monsieur Merle,
Vous êtes enfin revenus ou ré-apparus il y a quelques jours. Je vous en remercie. Je n'ai pourtant pas encore, à ce jour, fait les quelques travaux de jardin qui vous attirent d'habitude chez moi : retourner la terre et livrer à votre appétit quelques beaux vers de terre, ou mieux, sortir et repartir le compost plein de bonnes grosses larves. Vous n'avez pas beaucoup de branches dans les arbres pour vous installer. J'ai ,cet hiver, fait subir au grand mûrier un élagage un peu sévère et la taille de notre bel olivier a bien dégagé l'espace.
J'étais triste lorsque vous êtes partis l'année dernière. Un de ces matous qui s'installent en douce dans mon jardin pour y chasser l'hiver les pigeons avait fait des dégâts dans vos enfants qui s'essayaient à leurs premiers vols et vous avez fuit pour les préserver.
Prenez garde ! Ils rôdent encore. Je n'ai pas réussi à les chasser avec suffisamment de constance. Enfin vous êtes là. Monsieur dans sa belle robe noire, Madame dans sa tenue brune plus modeste. Comme chez les hommes Madame semble tellement plus active que Monsieur que je me demande parfois s'il n'y en a pas ...plusieurs.
C'est pour moi le signe certain que, malgré cette fin d'hiver humide et maussade, le printemps semble bien arriver. Les branches du lilas, les rameaux de la vigne, quelques tulipes oubliées qui pointent le nez. Les oiseaux qu'on entend malgré ce matin retardé par les caprices des politiques (quand on parle de nuisibles ! ).
J'avance peu à peu dans la remise en forme de la maison. Je termine de ranger un atelier laissé trop longtemps de côté pour lui donner une autre allure et peut être une autre destination. Chaque étape me donne envie de passer à une autre. Le temps me manque ou plutôt l'art de trouver un nouveau rythme dans ce temps qui m'a été redonné après tant d'années de labeur. Et puis il y a ce corps qui renâcle parfois à la peine autant que l'esprit. On paie un peu plus cher les efforts trop soutenus.
Les autres, les "actifs" sont pour beaucoup en vacances en moment. Nous n'avons pas encore un "tempo" dicté par les vacances scolaires : nos enfants sont des hommes et des femmes et nos petits-enfants n'ont pas encore ce rythme. Il règne à cause de çà un peu plus de calme encore que d'habitude dans mon village.
Ce matin je pars en "campagne" c'est-à-dire dire que je ferai quelques centaines de mètres pour aller voir un paysan qui a quelques soucis de voisinage. J'aime rencontrer ces gens qu'on ne voit guère à la télévision ni dans les journaux et qui font notre pain quotidien. Je prendrai le temps. Ensuite quelques rendez-vous feront avancer l'heure jusqu'à midi. Là, si le temps le permet nous déjeunerons dehors et l'après midi je tenterai ensuite pour vous aider de retrouver quelques astuces de mon ancien métier.
Pourquoi est-ce que je dis tout ça ? Parce qu'un merle entendu et vu dans le jardin m'a remis en mémoire que c'était le printemps. Peut être....
Jacques,
Ps : bonne journée aussi à toi, ami lecteur, qui me fait la grâce de me lire.
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