8 juin 2016
"Papa, qu'est ce qui va le plus vite, les voitures ou les motos ?"
Cette question, mille fois posée le matin par mon dernier fils sur le chemin de l'école, résume parfaitement l'ensemble de mes questionnements. Je ne sais pas. La question est trop vaste. J'ai essayé avec lui de cerner la question, de mieux la définir, de fixer des limites. Et j'ai compris alors que je ne saurai jamais dire le pourquoi de certaines choses......de nombreuses choses.
Ce petit exercice matinal me plaisait. Sans le savoir mon fils faisait ainsi écho aux nombreuses questions imprécises et indéfinies que je me pose si souvent, trop souvent peut-être, parfois sur des sujets profonds, souvent sur des problèmes plus minimes.
J'aimais aussi tellement ces dialogues avec chacun de mes enfants.
As-tu remarqué, ami lecteur, comme voyager en auto incite à la discussion, voire à la confidence ? Cet enfermement partagé dans un petit espace entre ciel et terre.
Je ne saurais jamais si les voitures vont plus ou moins vite que les motos.
Ce n'est pas faute d'avoir cherché parfois profondément. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de comprendre.
Un jour j'ai simplement compris qu'il y a des questions sans réponse. On avance à tâtons. On s'enrichit de son ignorance. On essaie de préciser les contours de la question. On cherche des explications.
Et puis, sans renoncer pour autant à chercher, on ne se pose plus la question du pourquoi. On est là, posé dans le monde, avec un certain nombre de connaissances, avec encore plus de mystères. On essaie alors simplement d'observer l'endroit où on est et ce qui nous entoure. On apprend à le dire, à en parler, voire à l'écrire.
On peut passer à cette deuxième étape, celle du "où". Savoir, à partir de cet endroit où on est, quelle direction on se fixe, quel but visible ou simplement espéré.
J'aime ce "où" qu'on essaie de définir seul ou à plusieurs.
Une fois le "où" fixé, il reste le "comment" et souvent son ami le "combien".
La vie en société se résume alors à partager des "où" et seulement ensuite des "comment"et des "combien". C'est un peu là mon inquiétude actuelle. Partager des "où" avec ceux qui m'entourent au delà de mon cercle très proche de famille et d'amis : S'entendre sur une vision du monde, de la société.
Une fois ce "où" défini il faudra bien alors s'entendre sur le "comment" et le "combien".
Mais ça, ça s'appelle "la politique" et ça on en parlera plus tard.
Bonne journée, patient ami qui a accepté de le suivre jusqu'au bout de ce billet un peu différent.
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