17 juin 2016
Injustice positive
C'est un sentiment curieux. Est-il dû à cette journée plutôt paresseuse ? Ou bien est-ce d'avoir assisté aux premiers envols d'un petit merle juché sur le haut de l'armoire qui trône au milieu de ce nouvel espace qui vient de se dessiner dans mon jardin ? Est-ce parce que le ciel est d'un bleu si profond qu'on se dit qu'on est peut être enfin sorti du froid et du vent ?
Il y a parfois des jours comme ça, où le cœur se remplit d'une grosse vague de chaleur, si chaude, si douce que les yeux en deviennent humides.
C'est ce sentiment d'injustice positive : avoir reçu tant de bonnes choses, tellement peu en rapport avec mes maigres mérites : La vie, la foi, l'espérance d'abord. Puis les images se précipitent d'une enfance heureuse, de rencontres d'une grande richesses, d'une vie qui se construit au milieu de nombreux bonheurs où les quelques nuages noirs traversés semblent avoir été là pour me permettre simplement de mieux en comprendre tout le sens.
Et ce cadeau de LA rencontre, celle , bénie de Dieu, qui donne un homme à une femme et une femme à un homme...sans calcul.
Et cette succession des naissances, des enfants qui grandissent, des clins d'œil du quotidien.
Ce miracle renouvelé chaque jour du pain quotidien dans un monde qui devient de plus en plus dur. La grâce du travail, la chance de la fatigue, les doutes même du lendemain qui rendent meilleur encore le pain nécessaire.
Alors il est des jours, il est des heures où on a juste envie de pleurer de reconnaissance.
Bien sûr, je n'habite pas le palais d'un roi, pas plus que je ne possède de grandes richesses, au moment où dans la vie on voit poindre le soir, se dire qu'on n'a pas eu une vie extraordinaire. Pas de talents particuliers, ni même la grâce de savoir expliquer ou partager, ...ou comprendre.
Non juste cette injustice positive. Sentir sur soi les grâces que l'on reçoit. Savoir, ou simplement penser savoir d'où elles viennent et à Qui on les doit.
Mon ami, à l'orée de ce week-end qui s'annonce, j'ai juste envie de les partager avec toi.
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