Politique : lettre ouverte à Jean...de gauche
Mon cher Jean
Lorsque je suis rentré hier soir, j'ai reçu ton message. Tu me demandais d'écouter le premier débat des "primaires de la gauche" et de te dire ce que j'en pensais.
Je sortais des 'Voeux du maire" de mon village. On parlait politique, de la vraie, de la crèche, du beffroi, des écoles et de la maison de retraite, des travaux, de nos routes et de nos rivières, de la menace terroriste qui nous coûte de l'argent à chacune de nos manifestations et qui fait planer sur nous le lourd manteau de la peur. La politique des petits, des sans-grades, des "gens" de droite ou de gauche ou de rien qui vivent ensemble, petits et grands dans le souci d'un quotidien parfois difficile et souvent si riche dans son humilité.
Inutile de te dire que ce débat n'avait rien à voir. Pour résumer ce que je pense de ces gens je dirais :"Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? Font-ils envie ou bien pitié ?" Reprenant ces paroles d'un homme ...de gauche.
Sept bourgeois qui s'affrontent, en costume bien ajustés, bien taillés, bien "propres sur eux", qui proposent de choisir parmi eux celui qui va représenter les "gens de gauche".
Ils vivent depuis toujours de politique et s'ils ont des qualités, ils ne les ont pas acquises dans le monde du travail mais juste dans celui des professionnels de la politique. On a l'impression d'assister à la reprise par une mauvaise troupe et de mauvais acteurs...mais avec les mêmes journalistes et le même décor de ce qu'on a vécu il y a quelques semaines. Ceux-là se disent de gauche, les autres se pensaient de droite. Moi je dirai qu'ils sont les uns et les autres de "politique".
Aucun d'entre eux ne débat d'idées, d'idéaux, de vision pour leur pays, c'est à dire pour nous. Ils parlent de pourcentages, de stratégies, de pacte républicain,de laïcité, ....
Pour paraphraser une autre chanteuse : " Tu dis des mots, encore des mots, toujours les mêmes. Tu dis souvent, tu dis parfois n'importe quoi."
J'écoute avec patience et puis je pense à lui. Lui, mon grand-père, mon Jean-Baptiste dit "Jean", mon autre "Jean de gauche".
Il était né pauvre. Il s'était enrichi ouvrier....(un peu, sa maison, son jardin). Il s'était battu pour acquérir quelques avantages. Il votait très à gauche, défilait, faisait grève. Il est mort, juste avant sa retraite, de plus de 50 ans de travail epuisant. Il croyait dans un monde où il n'y aurait moins de riches et où les pauvres seraient moins pauvres.
Mon cher Pépé, mon cher Jean, avec ta ceinture de ficelle qui tenait ton pantalon au jardin, de là-haut, tu dois rire lorsque tu les vois se livrer à cette immense pantalonnade.
Moi, j'ai écouté, avec patience, les paupières lourdes parfois.
Voilà mon autre cher Jean ce que j'en pense. Je vais ce matin partir marcher avec des amis. Il ne fait pas très beau. Mais nous irons marcher dans un très bel endroit. La nature sera belle. Nous aurons le Ventoux en vue. Nous nous arrêterons pour déjeuner. Il n'y a pas de raison que la journée ne soit pas riche.
J'espère que ma réponse ne t'a pas déçu et que tu me pardonneras de partager ta lettre avec mes autres amis que sont mes lecteurs.
Porte-toi bien.
Je t'embrasse. Bonne journée.