Vieux Lyon
On dépose sa voiture dans un parking des bords de Saône. On longe la berge quelques instants. On traverse le quai et déjà les nombreux magasins indiquent qu'on est au bon endroit. Petits bistrots, petits bouchons, et toutes ces boutiques consacrées au bien-manger, petits musées dont celui de guignol et du Vieux Lyon. Et cette enfilade des trois églises : Saint-Georges, Saint-Jean et Saint-Paul qui donnent au bas de la Sainte Colline le sens sacré de sa mission : protéger la belle ville.
Quelques "vrais" habitants, beaucoup de badauds, toujours trop de touristes dont peu s'imprègnent vraiment de la grandeur des lieux. Et cet Hôtel de Gadagne, dont le nom à lui seul évoque chez moi à la fois ma chère Provence, mais aussi la Suisse et l'Italie, les rêves de fortune et de pouvoir. Mais je m'égare. Le temple protestant est fermé. La petite rue qui le longe mène à l'escalier si long qui borde ta maison et qui monte à Notre-Dame de Fourvières.
Parlons de ta maison. La rue au nom étrange indique les usuriers, les magasins de change, l'activité cachée d'une race secrète au tréfonds de la ville. Une belle porte de pierres d'un bel hôtel particulier. Une petite cour ouverte du seul côté de la rue qui fait résonner le bruit des piétons. Dans un angle un puit fermé, dans l'autre une grille protège l'accès à l'escalier inconfortable qui sert à chaque étage quelques appartements un peu ombrageux qui partagent de belles terrasses.
Et la au fond, ton bel appartement rénové avec goût, décoré avec plus de goût encore.
C'est lui qui déclenche ce billet car il est là ce matin, sur ta page. Ouvert sur un Lyon aux allures de printemps. Le calme et le soleil du soir du Vieux Lyon.
Une photo qui résume bien des choses : la belle fenêtre à meneaux de l'appartement d'en face indique qu'on est bien là au coeur de l'histoire de la ville. La grande fenêtre ouverte pour faire pénétrer le printemps, les photos de ceux que tu aimes dans ce pêle-mêle, quelques beaux objets chinés ou faits de tes mains, des meubles bien choisis, mélangés avec talent, marqués de ton empreinte. Une paire de lunettes sur une table. Tu as dû lire ou peut-être regarder la télé; ou alors travaillé à ces beaux objets qu'avec ta sœur vous vendez sur Internet pour faire aimer le beau, le "bien-fait", l'élégance. Ca s'appelle "Marigalala". C'est plein de vous, de votre goût et de votre talent.
Tu vis là dans ce bel endroit que tu mérites et que tu sais aimer. Tu as su en une seule photo le ramener à ma mémoire, en ce petit matin. Parlons-en aussi de tes photos qui sont si belles. L'une d'elle que je viens de regarder te montre avec ton petit filleul qui à l'autre bout de la mer vient de fêter son "1 an".
Tu me pardonneras, petit homme rigolard, d'attendre demain pour parler de ton anniversaire. Oui tu me pardonneras, je le sais.
Et toi, ma grande fille que j'aime, en ce matin de printemps comme chaque jour je pense à toi, ce matin grâce à cette belle image, un peu plus encore.
Je t'embrasse très fort. Bonne journée.
Je veux partager ce moment avec tous ceux qui me font la grâce de me lire. Certains te connaissent. Ils pourront aussi contempler l'image que tu as déposé sur ton "mur".