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et pourquoi ne pas le dire ?
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21 septembre 2017

La grande allée


...borde un grand pré qui aujourd'hui servira de parking.
On a quitté, émus, l'église du village qui en avait pourtant déjà vu des mariages dans cette famille. Une belle église, solidement campée au milieu du village dont le plafond à des allures de vaisseau retourné. Une belle cérémonie, de beaux chants, une assemblée recueillie, deux beaux mariés sérieux et sages. Le ciel s'était parfois suffisamment couvert de nuages pour faire craindre que tout soit bousculé. Mais non pas de pluie. On attendra le soir comme si le ciel décidait du moment où ca dérangerait le moins.
On pénètre sous le grand porche surmonté d'un étage qui marque l'entrée avec majesté. Plusieurs maisons nous attendent. Elles furent maisons de maître, fermes, étables, écuries ou granges. Elles abritent aujourd'hui diverses familles regroupées là par la volonté de rester proches, autour d'un père, là où la famille est née.
Juste devant une des maisons, sous la protection d'un séquoia centenaire, une grande tente a été dressée. C'est là qu'aura lieu le repas. Les invités sont nombreux. Ils viennent d'un peu partout mais tout ce monde s'assemble dans une harmonie joyeuse.
Nombreux comme nous viennent de la Provence rejoindre leurs amis qui marient leur fille et qui sont le trait d'union entre ces deux régions, celle d'où ils viennent et celle où ils vivent depuis plus de vingt ans.
On ne se connaît pas, pourtant on se sent proche et on se retrouve.
Un long cocktail délie les langues puis vient le repas que le prêtre introduit d'un solide bénédicité de chasseurs. Car ici aussi on chasse de nombreuses manières et c'est même ...important.
Les familles se regroupent autour des plus anciens, tous trop contents, de se retrouver en ce jour. C'est court un mariage et on a tant de choses à se dire que les discours se font parfois dans un joyeux et indiscipliné brouhaha.
La table des mariés est bien sûr la plus importante. Une grande table par famille, et la table des provençaux.
Les discours se succèdent. Les parents d'abord. Deux beaux discours émus, attendris et bienveillants. Suivront les discours des frères et soeurs, des témoins, drôles, taquins, bienveillants. Il n'est jamais aisé de distinguer dans ces moments, parmi les sous-entendus, les rappels de souvenirs et les moments partagés par certains seulement ce qui nous concerne vraiment. Mais c'est le jeu et on s'y prête volontiers.
Tout le monde est attentif, ceux qui sont là, ceux vivants auxquels on pense et qui n'ont pas pu venir pour diverses raisons. Il y a ceux aussi qui ne seront plus jamais là mais qui du haut du ciel regardent avec bonté et tendresse tout ce monde qu'ils ont aimé.
Deux sont particulièrement présents en ce jour : un grand frère parti beaucoup trop tôt, et une maman emportée aussi quand on avait encore trop besoin d'elle. Absences importantes même si le Ciel a su de tout cela recomposer une famille solide et aimante.
Le repas se déroule vite et bien. On retrouve vite la bonne humeur la simplicité et les rires des grandes familles. C'est bientôt le temps de la danse. La pluie s'est mise à tomber et les fumeurs se regroupent autour de braseros allumés dans le soir pour vaincre le froid et l'humidité.
Et c'est l'heure de rentrer de retrouver très tard ...mais trop tôt un sympathique hôtel.
Déjà dimanche matin, la pluie n'a pas cessée. La messe est belle aussi dans la grande cathédrale qui domine la ville ceinte de solides remparts qui domine la Sarthe.
On revient au domaine. Un dernier repas partagé. La visite de la maison de nos amis, qui comme la maison principale rassemble autour d'elle plusieurs autres bâtiments. La famille a essaimé et a construit sa propre ruche.
La visite finie, il faut s'en aller...pour un autre endroit...mais c'est une autre histoire que je raconterai plus tard.
Merci ami d'avoir pris le temps de me lire.
Bonne journée.

 

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Commentaires
D
Une écriture qui sait joliment dire une vie dans la tradition qui se perpétue près d'autres existences plus simples, une certaine aisance fortunée d'un milieu privilégié, il semble, qui n'empêche la simplicité dans le souvenir de ceux disparus trop tôt, et l'envie de vivre les uns près des autres pour se tenir chaud !. <br /> <br /> <br /> <br /> Merci Monsieur Jacques de nous transporter sur vos pages et nous charmer jour après jour.<br /> <br /> <br /> <br /> Un doux dimanche je vous souhaite.<br /> <br /> <br /> <br /> Den
Répondre
J
Merci pour cette belle histoire vraie ou venue de votre imagination. J'aime beaucoup votre façon d'écrire et de décrire des situations ordinaires mais qui sous votre plume, nous enchantent.<br /> <br /> Belle fin de journée à vous aussi !
Répondre
et pourquoi ne pas le dire ?
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