Je vous salue, Marie...
Je recevais dès hier de belles images de Lyon de cette belle fête des lumières qui fut, et qui reste pour moi ...avant tout la votre. C'est très joli toutes ces illuminations. J'ai déjà eu plusieurs fois le bonheur d'y participer et je suis resté sous le charme.
Mais ce que je préfère ce sont ces lumignons modestes qui soulignent fenêtres et façades et c'est cette humble procession d'un peuple qui monte en prière vers cette belle basilique de Fourvière qui domine la ville.
En face de la belle et grande église, un petit couvent rappelle des souvenirs familiaux. En bas dans la vieille ville, dans une belle maison Renaissance, vit ma fille, une filleule aussi et des amis : tout ce qui donne à une ville chaque jour plus de prix.
Je vous salue, Marie et je vous aime depuis l'enfance. J'avoue que ça ne m'a pas été très difficile. Vous fûtes d'abord cette image qu'on priait le soir, une femme douce et belle aux nombreuses représentations. Puis j'appris que vous étiez la maman de ce petit Enfant-Dieu qu'on fêtait à Noël. J'ignorais le mystère de cette naissance. D'ailleurs.... j'ignorais les mystères de toutes les naissances dans cette maison où très souvent un nouveau petit frère ou une nouvelle petite sœur venait s'ajouter à notre joyeuse bande.
Ce que je savais, c'est que vous ne traîniez pas avec vous ce "péché originel" à qui j'attribuais ces forces non contrôlées qui m'amenaient à faire bien des bêtises.
Vous aviez la douceur d'une mère et j'ignorais encore que vous aviez aussi les grâces de la plus douce des épouses.
Vous avez accompagné ma vie sans prendre d'âge quand, peu à peu, les rides gravaient mon visage. Vous avez été là, présence discrète et humble, dès que j'avais besoin de vous, comme une mère, comme une épouse, comme une sœur, comme une fille, comme une amie.
Car vous êtes pour moi, toutes les femmes et vous incarnez toutes les grâces qu'elles portent en elles. Je ne dirai jamais combien j'ai aimé et j'aime ce "genre" féminin, si complémentaire du notre (à moins que ce ne soyons nous qui soyons leur complément nécessaire ..et pourtant bien insuffisant.)
Aujourd'hui notre pays vous a oublié. Il va fêter un peu solennellement des morts "grand-public" mais je suis sûr que vous ne lui en voudrez pas. Vous avez toujours vu d'un bon œil tout ce qui contribue à rassembler les hommes dans un élan d'amour, fut-il maladroit.
Ce soir dans ma petite maison où de nombreux objets rappellent votre présence vous serez modestement honorée. Et, au-delà de vous, tout ce divin mystère que vous accompagnez.
Il pleut en Provence ce matin. Ce n'était pas arrivé depuis longtemps et je bénis le ciel de cette eau qui manque chez nous en ce moment.
Petit clin d'œil de votre part ? Rappel de votre bienveillance ?
Je ne sais ...mais en tout cas je veux le croire.
Je termine ce petit mot, chère Mère de tous les hommes en vous remerciant à nouveau et en vous demandant de continuer de veiller sur les pauvres êtres que nous sommes et qui avons tant besoin de vous.
Je vous recommande particulièrement ceux que j'aime. Ils sont nombreux. Je vous confie aussi ceux qui vous ont oublié...mais je sais que vous ne les oubliez pas.
Je vous confie bien sûr les lecteurs. Ils ne sont pas très nombreux mais comme ils me font plaisir à regarder ce que j'écris par dessus mon épaule, je m'en voudrais de les oublier.
Je Vous aime.
Votre petit enfant