Le monde du silence
Nous étions très nombreux dans cette grande église en béton à l'architecture que je n'aime pas trop.
Nous étions là à venir écouter un homme nous parler du ...silence.
En effet le silence régnait. On entendait juste le bruit d'une soufflerie de chauffage et à l'extérieur les bruits étouffés de la ville dans le soir.
Je connais un peu cet homme. J'ai lu ses livres. Je connais sa vie et j'ai même eu la chance avec lui d'une longue conversation.
Je fermais les yeux pour écouter ses mots sans les mille occasions de distractions qui m'assaillent d'ordinaire. C'était passionnant mais aussi insolite, dans notre monde qui se gave de bruits d'entendre ce long plaidoyer sur ce silence qui nous manque tant.
Je ne saurais redire ces mots et je dois confesser que j'étais peut-être convaincu a l'avance. Ce que je sais c'est que dans la nuit qui entoure mon réveil je savourais encore mieux ce silence qui habite la maison.
Je suis un bavard et c'est peut-être aussi pour ça que j'écris ces pages régulières. Le silence souvent m'effraie et la distraction me manque vite. Et je ressens tellement ce manque de silence intérieur, cette place faite à l'essentiel qu'hier soir ses mots m'ont touché encore plus que je ne le pensais.
J'ai eu envie d'une longue promenade dans la nature, d'une retraite silencieuse, d'un temps donné à se pénétrer de ce mystère.
C'est pour cela, ami lecteur, que je voulais partager avec toi cette réflexion.
Cette semaine est une semaine pour moi très active et très occupée. Noël arrive à grand pas avec son cortège de petits bonheurs annoncés. Je ne sais pas où je vais réussir à placer ces instants de silence et de méditation peut-être pour tenter de rencontrer et de connaitre Celui qui justement habite ce grand espace de silence.
Et toi, ami lecteur, qui me lit avec patience, tu te demandes peut-être pourquoi je te parle de ça. Et bien c'est peut-être parce que c'est aussi dans ces moments-là que je te rencontre, que je participe à ta vie que je ne connais pas.
Au travers de cet écran et de ces échanges invisibles, c'est là que je te vois ou que je te devine, mélangé à ceux que je connais. Tu es là, inconnu. Tu portes tes joies et tes souffrances. Tu vis une vie que j'ignore. Et pourtant tu rejoins mes proches et mes amis, ceux dont je sais les joies et les peines, les bonnes nouvelles mais aussi les deuils ou les maladies ou toute autre souffrance.
Et tout ça se lie par ce silence invisible et m'aide à partager ce qui tente d'être une prière que je veux offrir pour toi en cette journée qui commence.