15 janvier 2021
Rupture du couvre-feu et souvenirs...
C’est vrai, je le confesse. Nous avons viole le couvre-feu ☹️.
C’est seulement à 18 h 30 qu’ELLE rentre du travail. C’était jeudi soir. Je l’attendais dans le jardin. ELLE était fatiguée de sa longue journée de travail mais je désirais lui montrer les éclairages de l’Eglise. ELLE accepta avec gentillesse mais me rappela soudain notre triste état de ville en « couvre-feu ». Je décidai que nous irions quand même, bravant les interdits 😂😂😂😂
C’est ainsi que dissimulés derrière nos masques nous allâmes de conserve voir ce bel éclairage. Des projecteurs à la lumière discrète semblent faire sortir du sol le chevet de l’église, comme posée au bord de la rivière.
Dans un autrefois (assez proche) j’avais animé l’équipe qui avait commandé ces travaux. J’avais pu admirer les projets des concepteurs, participer à leurs modifications et voir se dessiner ce bel environnement de l’église. Une belle équipe qui avait du caractère et qui tenait à son projet et qui avait tenu bon. Puis ce furent les premiers coups de pelle. Aujourd’hui il y a plus d’un an que je suis sorti du « jeu » mais je ne peux m’empêcher de suivre chaque jour les étapes d’avancée de ce qui redonne à notre église son cachet et à notre village un renouveau.
Les travaux ont pris un immense retard. J’ignore pourquoi et je crains que la seconde partie ne soit tronquée au profit de quelques autres travaux plus «électoraux ». ☹️ Mais qu’importe, en ces périodes de restrictions, il faut savoir se réjouir de tout.
Je me prends à rêver d’un village qui aurait retrouvé cette aimable agitation de commerçants, des enfants rentrant de l’école, des courses faites dans l’urgence juste après le travail, et de ces dames un peu plus âgées qui promenaient leurs « cabas » de commerce en commerce plusieurs heures par jour, sous le prétexte des « commissions » mais, en vrai, pour se livrer à l’art du commérage.
Dans ces villages-là chacun avait sa place et c’était il n’y pas si longtemps. Il y avait moins de distractions et au passage d’un « étranger »on voyait s’écarter les rideaux derrière lesquels quelques vieilles dames se demandaient : « Mais qui est-ce ? Je ne le connais pas. » Alors dans leurs têtes, pendant un certain temps, les suppositions se succédaient jusqu’à ce qu’elle obtiennent la réponse, au repas suivant, par un autre membre de la famille.
Je pense souvent à ces vies de nos anciens, autrefois, beaucoup moins confortables que celles de leurs descendants, aujourd’hui en EHPAD , mais tellement plus intégrées à un vrai tissu familial.
J’ai eu ainsi la chance d’avoir chez mes parents mes deux grands-mères. Je me souviens de la question : « Mamie a appelé. Qui y va ? ». Et l’un d’entre nous se levait, souvent à contrecœur... la contrepartie c’était des remerciements, des confidences, des souvenirs évoqués à haute voix. Mais le plus souvent rien sinon une famille qui se fabriquait sur plusieurs générations.
Nous avons eu nous aussi la chance d’avoir ainsi mon beau-père (le « grand-papa » du train électrique dont je parlais hier ) quelque temps avant sa mort. Il était plus jeune mais hélas bien malade. Il s’installait dans ce jardin qui n’était alors qu’un terrain vague que nous avions acquis peu de temps avant. Il s’enthousiasmait de l’avancée des travaux que nous faisions alors. Une belle silhouette assis sur son fauteuil. Il ne tarissait pas d’encouragements. J’y pense toujours avec tendresse.
Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que j’ai un peu de temps avant de reprendre mes propres travaux. Ma main est encore un peu fragile....alors je m’impose de la modération. Je travaille quelques heures par jour et j’ai assez de temps pour écrire ces quelques souvenirs qui me passent par la tête.
Demain c’est le week-end, une autre forme d’activité. Je suis content de l’aborder avec la tête pleine de bons souvenirs.
Bon week-end, ami lecteur, et à bientôt.
Ps : la photo n’a rien à voir avec le texte.... Mais je l’aime bien.😉
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