8 juin 2021
Un champ de blé….
Il y a quelque chose de léger et de fragile à la fois dans ces jeunes pousses de blé mêlées de coquelicots. Plus qu’un champ, c’est un symbole. Le symbole de la volonté d’un équilibre naturel.
Ce champ est le blé d’une boulangerie du village qui s’est engagée, mais sans grand tintamarre, dans un retour vers un pain authentique. Leur pain est déjà délicieux, produit à partir des meilleurs farines, leur boutique ne désemplit pas et il nous arriva souvent que des invités nous vantent la qualité de notre pain avant même SA cuisine. Et pourtant ELLE est une des meilleurs cuisinières que je connaisse (je ne dis pas « la meilleure » pour ménager des susceptibilités 😉😂).
Ces boulangers, dans une démarche de proximité, ont décidé de planter leur propre blé, une semence ancienne, sans toucher à la terre par des moyens trop artificiels.
Je fais partie de la « génération du pain », quand celui-ci était de toutes les tables et représentait la base de notre alimentation. Notre village, trop petit, n’avait pas de boulanger et l’un des villages voisins circulait chaque jour avec sa camionnette distribuer cette manne précieuse. Aujourd’hui l’exploitation industrielle du pain a tellement changé ce produit que nombre de nos contemporains ne supportent plus le gluten qu’il contient.
J’aime cette initiative, simple, modeste car je pense que ce sont celles-ci qui font progresser vers un retour raisonnable à une meilleure gestion des terres et de l’alimentation.
Il fait beau aujourd’hui et j’ai repris depuis quelques jours les travaux de ma maison laissés en suspens par la défaillance de notre maçon. Il faut dire que le pauvre subit une véritable « crise Covid » qui a bien ébranlé son entreprise. J’ai déjà retrouvé un remplaçant pour les toits qui viendra dans quelques jours et je prépare son arrivée.
J’en ai profité pour améliorer mon jardin dans lequel se préparent de bonnes récoltes en silence…autre modeste façon de revenir à une alimentation plus…raisonnable. Je vous écris ceci après avoir parcouru pour la millième fois peut-être « le jardinier provençale », un de ces livres de vulgarisation de la fin du 19ème siècle ou entre deux dictons en Provençal, le jardinier rubicond de la couverture m’explique comment jardiner dans un pays où la nature est généreuse quand on sait gérer la chaleur et l’eau…et souvent la pauvreté des sols. Un vrai bonheur de lecture.
Il existe sur le Net de nombreuses vidéos expliquant les nouvelles formes de culture (pas toutes d’ailleurs très objectives) mais rien de plus savoureux que ces pages jaunies, salies par le jardin, qui s’ouvre de lui-même aux pages les plus stratégiques.
Mon apprentissage de jardinier se poursuit. J’ai découvert depuis quelques années que ce n’était pas toujours si simple qu’on veut bien le croire.
Voilà ami lecteur, mes petits considérations du matin, avant mon petit cours de français à mon petit « néo-zélandais » et avant qu’un gentil petit frère ne vienne m’aider à évacuer des gravats à la déchèterie.
Bonne journée a toi. Le monde est beau. Il suffit d’apprendre à le regarder.
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