20 juillet 2021
Le Thor, 30 juillet 2081…
Mon cher Antoine,
Nous sommes arrivé hier à la maison des grands-parents. J’ai réussi à avoir la maison quelques jours avec quelques enfants, petits-enfants et neveux. Je réalise que c’est maintenant moi le grand-père de cette maison et je me remémore les vacances de notre enfance.
C’était un moment où le monde était devenu fou. Plus personne ne savait à quel saint se vouer et les décisions idiotes succédaient aux initiatives ridicules..et cela dans tous les domaines. Heureusement que les choses se sont apaisées depuis. Nous courions à la catastrophe.
Nous aimions nous retrouver là. La vie y était calme et paisible. Grand-père était à la retraite et grand-ma (beaucoup plus jeune 😉) travaillait encore mais réussissait toujours à être là pour nous.
Nous y allions souvent retrouver des cousins, y entraînant des amis.
Grand-père disait toujours qu’il avait toujours eu beaucoup de chance, la chance de naître dans une famille heureuse, celle de rencontrer Grand-ma ( il disait que c’était un peu un hold-up que d’avoir su la convaincre de l’épouser), la chance de n’être jamais devenu riche, d’avoir eu de gentils enfants….alors il se taisait un instant, puis nous regardait avec des yeux plein de malices et ajoutait « et des diablotins de petits-enfants ».
Puis il nous racontait celle qu’il appelait sa maison magique : « C’était une toute petite maison de village avec deux petites cours et fermée de grands-murs. Elle était très abîmée. Nous l’avons habitée tout en la restaurant. Elle fut d’abord inconfortable puis grandit avec la famille. Un jour nous pûmes acheter un terrain vague qui devint un jardin et longtemps après une autre maison vint la rejoindre. Nous y avons mis beaucoup de notre énergie. Nous l’avons aimée et vos parents ne rechignaient jamais à nous aider. Nous aimions y recevoir des amis ou de la famille (mais d’ailleurs, est-ce vraiment différent ?).Elle accueillit souvent nos joies, parfois nos peines. Mais elle resta toujours un îlot de paix. »
Il pouvait parler ainsi des heures et il aimait que nous soyons là pour l’écouter. En grandissant nous connaissions ses histoires par cœur et dès qu’un étranger était disponible nous lui mettions dans les pattes et disparaissions pour faire autre chose.
Voilà mon cher Antoine. Je vais devoir arrêter cette lettre il y a tant de choses à faire. Je te parlerai de lui une autre fois.
Je t’embrasse.
X…(heureux d’être en vacances)
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