29 août 2021
Ferdinand(*)…
…le cochon ne dort pas tranquille depuis quelques temps. Il y a d’abord eu cet incendie qui a brûlé des dizaines d’hectares alentour, sur les collines de Beaumes, du Graveyron, du Barroux ou de Saint Hippolyte. Ça a duré plusieurs jours et il a eu bien chaud. Personne n’aime quand brulent les bois et la garrigue autour de nos maisons. Aujourd’hui encore ces bois roussis et ces trouées dans la verdure gâchent un peu le paysage. Mais si aujourd’hui Ferdinand est inquiet c’est de voir tant de monde. Les voitures arrivent les unes après les autres et se répartissent sagement dans les champs bien fauchés qui servent de parking. En sortent des gens joyeux et habillés pour la fête. Mais parmi eux des enfants…et Ferdinand redoute les enfants et leurs expériences insolites comme lui jeter des objets ou tenter de lui attraper les oreilles ou la queue pour voir si elle peut servir de tire-bouchon. Mais comme Ferdinand s’ennuie un peu dans son enclos, il est bien content de voir tout ce monde.
Un peu à l’écart de la maison, son espace domine le champ où s’est installée la première partie de la réception.
Une jolie dame tout en blanc et un homme élégant en jaquette et il comprend qu’il s’agit là d’un mariage. Ce n’est pas la première fois que cette maison au joli nom de « croix des sables » abrite ainsi une réception et Ferdinand compte beaucoup sur les restes de la fête pour améliorer son ordinaire et s’en réjouit à l’avance.
Il surveille cette assemblée joyeuse tout en gardant un œil sur les enfants.
Ferdinand n’a pas assisté à la messe. Ce n’est pas sa place. Sinon il aurait vu dans cette belle église pleine une assemblée priante et émue assister à cet échange de vœux béni sous la protection d’un Dieu qui protège les familles. Une messe recueillie dont chacun ici saisit l’importance d’autant plus qu’elle est aujourd’hui à nouveau menacée. Une belle chorale. Une assistance attentive qui attendra la fin joyeuse et les photos sur le perron un peu trop étroit pour se laisser aller à des éclats de joies.
Votre serviteur y est seul. Car ELLE travaille ce vendredi et il regrette SON absence. Chacun des mariages (maintenant nombreux) où ils assistent depuis le leur il y a « ..tuit » ans est d’habitude une occasion pour eux de renouveler leur propre promesse. Mais il est heureux pour ces jeunes gens recueillis.
Les mariages dans le cercle proche des amis d’une même région sont des occasions de retrouvailles d’autant plus attendues qu’il faut bien dire que le « foutu » virus a mis bien du désordre dans les fêtes ces derniers mois.
Il partira donc assez tôt pour LA retrouver, laissant la joyeuse fête se prolonger probablement tard dans la nuit.
Cette région est magnifique. Il faudra quelques années pour masquer les effets de ces feux mais la belle maison, bien campée dans cette plaine, a survécu à cette menace et continuera de s’embellir et de revivre pour le bonheur d’une famille déjà nombreuse.
J’y pensais ce matin en marchant dans la jolie campagne qui entoure ma propre maison et du promontoire d’une vieille abbaye en ruine je pouvais contempler toute la région. Le doux cycle des familles qui se construisent et qui se succèdent dans ces beaux endroits est un remède puissant contre les inquiétudes de l’époque.
Et puisque la jolie mariée le fit l’honneur de le dire qu’elle me lisait parfois, je lui offre ces quelques lignes en hommage, lui souhaite tout le bonheur du monde et l’embrasse.
(*) je ne me souviens pas si c’est vraiment son nom. Si ce n’est pas le cas, qu’il me pardonne.
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