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26 septembre 2021

Regain…

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J’ai en ce moment la plume paresseuse. Est-ce ma maison dont les travaux me prennent beaucoup de temps ? Est-ce le jardin que je prépare doucement à l’hiver ? Est-ce simplement ce vague à l’âme qu’on peut ressentir au début de l’automne ? Je l’ignore.
Il est pourtant des choses qui invitent à écrire. L’amitié des hommes en est une, la prodigalité de la nature en est une autre, la conjugaison des faiblesses en force est peut-être la dernière.
Ainsi, samedi après-midi fut pour moi une belle source de ces sensations que j’aime à partager sur papier (ou sur écran 😉).
Nous étions quelques-uns  disponibles pour aider un ami dont la maison fut cernée par le feu, il y a un mois. Quelques-uns, pour la plupart assez incompétents dans l’art de gérer une forêt, surtout quand elle n’est plus qu’un champ d’arbres et de taillis calcinés qu’il faut abattre. 
Les mieux outillés d’entre nous s’attachent à faire tomber les plus grands sujets à la tronçonneuse. Les autres (dont votre serviteur) nettoient des buissons qui furent autrefois lauriers, romarins ou rosiers suivant les instructions qu’un pépiniériste a donné. Travail de fourmi, mais peu à peu ce qui furent de beaux parterres se vident de branchages inutiles.
Le travail aide à la méditation, et parfois même à la prière, et on voit peu un peu se redessiner un paysage. Le travail partagé est source de joie et une pause bienvenue nous rassemble vite joyeusement.
Quelques heures passées, un petit début de quelque chose, une envie de partager et l’immense récompense de cette amitié partagée, de l’espoir de voir vite la végétation reprendre ses droits. Tout ces bois noirs qu’on couche au sol seront un jour du terreau pour d’autres et l’on sent bien qu’on reverra d’abord reverdir des buissons, certains sujets repartiront d’eux-mêmes, les autres seront replantés et l’eau, le soleil, la peine et la sueur des hommes feront dans quelques années revenir de beaux ombrages.
Je pensais à tout cela accroupi au pied de ces restes de lauriers quand je vis quelques pousses qui avaient reverdi dans ce désert de feu. Une lueur d’espoir, un signe, du bonheur en préparation.
J’avais envie en ce soir de dimanche pluvieux et calme de partager ce moment qui j’espère se renouvellera pour le bonheur de se sentir humains parce qu’ensemble.
Et toi, ami lecteur, j’espère que cet automne débutant reste aussi pour toi une source de bonheur.
Je t’embrasse.
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