13 février 2022
Enfance….
Il était monumental le beau portail de la maison. Il était ouvert toute la journée tant il y avait d’allers-retours entre la maison et les écoles dans la journée. Le soir, tard, il fallait que l’un de nous aille le fermer. C’était à la campagne et les villages étaient peu éclairés. Sur la route qui passait devant le parc, de temps en temps, le pinceau lumineux des phares d’une auto donnaient un petit peu d’éclairage. Je les guettais.
L’allée était longue qui allait de la grille à la maison, longue et sombre. Le vent agitait les grands marronniers et quelques animaux nocturnes s’agitaient dans les frondaisons.
J’avais peur lorsque venait mon tour de fermer. Une peur incontrôlable où tout bruit suspect est un danger en puissance. Mais le silence aussi était source d’inquiétude.La grille était haute et lourde et la clé restait à l’intérieur inaccessible depuis l’extérieur.
Il fallait marcher le long du mur de la maison, puis à découvert, puis fermer la porte et revenir.
Combien de fois c’est en courant que je fis le retour. Je prenais le temps de reprendre mon souffle devant la maison et j’avançais assuré, et rassuré, vers les autres.
Ce soir cette image me revient. J’en ai vaincu bien des peurs depuis, pas toujours très honorablement mais celle-ci reste inscrite dans un de ces coins de mémoire où se mêlent nostalgie et précision de l’instant. Un moment doux et oppressant à la fois.
Un souvenir de dimanche soir…
Bonne semaine, ami lecteur. Je t’embrasse.
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